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mardi 19 octobre 2010

Entrevue avec Frédéric Tremblay

Tout d'abord, je dois vous dire que je suis très honorée d'avoir pu faire une telle entrevue avec ce jeune auteur talentueux. Ses réponses, répondues avec une justesse étonnante, vous captiveront sûrement autant que moi et j'espère qu'elles vous inciteront à découvrir ses romans ainsi que sa plume vertueuse. Pour ceux qui voudront en savoir plus sur ses romans, vous trouverez de plus amples renseignements à la fin de l'interview. En attendant, voici l'entrevue informatique, si je peux la nommer ainsi, que j'ai réalisé au cours de la semaine. Gare à vos yeux, vous serez fort étonné !





Entrevue avec Frédéric Tremblay




Quelle a été ta réaction lorsque tu as reçu une réponse positive de ton éditeur ?
Il y a toute une histoire derrière cette fameuse première réponse positive. J'avais déjà fait la tournée des grands éditeurs avec mon tout premier roman, de style fantasy celui-là. Tous l'avaient refusé - et même si ça m'avait attristé, je constate après coup que le roman ne méritait rien d'autre, comme la plupart des premiers romans sans doute! Seulement au milieu de toutes ces lettres de refus sèches et systématiques, il y avait celle de Joey Cornu qui me répondait au moyen d'un rapport de lecture... d'environ 8 pages, c'est dire! L'éditrice avait pris la peine de m'indiquer les points négatifs et positifs du roman, de même que des pistes concrètes de moyens que je pouvais prendre pour les retravailler. Peu de maisons font preuve de pareille attention et j'ai été charmé. Quand je me suis retrouvé avec un deuxième manuscrit prêt à être envoyé, j'ai spontanément décidé de retourner vers Joey Cornu. ''Une ruse inversée'', qui s'appelait à l'époque ''Histoire d'une ruse inversée'', n'avait à vrai dire pas même l'ambition d'être publiée : je m'attendais à recevoir un autre rapport de lecture et comme ce récit m'intéressait plus que le premier, j'étais prêt à le retravailler selon les conseils de l'éditrice. Quelle surprise a donc été la mienne quand elle m'a appelé (tout le monde le sait, en édition, la sonnerie du téléphone annonce souvent de bonnes nouvelles) pour me dire qu'elle était intéressée à le publier sous cette forme! Malheureusement elle avait beaucoup de projets déjà sur la planche à l'époque et il m'a fallu attendre près d'un an avant d'être édité. Mais, demandez-le à mon éditrice, dès que les démarches ont été entreprises, les courriels ont plu dans sa boîte de réception et rien n'aurait pu m'arrêter!

Est-ce que c'était un rêve que tu chérissais depuis longtemps ? Que pense ta famille de ton parcours ?
Si je peux me permettre de répondre à la question au moyen d'un souvenir, je le ferai. C'est d'accord? J'y vais alors. Je me souviens de la première fois où j'ai annoncé à mes parents que, plus tard, je voulais être auteur. J'avais à peu près sept ou huit ans je crois, et j'étais déjà à l'époque un lecteur assidu. Ma mère a accueilli la déclaration comme font toutes les mères de toutes les déclarations du genre, avec un peu de sourire et beaucoup d'indulgence. En me disant : mais voyons, Frédéric, vivre en écrivant, ça ne se fait pas! Et moi je lui sortais les noms des plus grands auteurs que je connaissais pour lui prouver que c'était possible. Les choses en sont restées là, moi espérant lui prouver un jour que je n'étais pas tout à fait dans le tort, elle certaine que le temps allait me ramener à la raison. Quand j'ai commencé à écrire, je l'ai fait dans l'incognito. Mon 'coming out' littéraire, si on me passe l'expression, s'est fait à l'occasion d'un oral à la fin de ma première année de secondaire. Mes amis et mes parents étaient bien curieux de me lire, mais je savais que ma mère ne me voyait toujours que comme un jeune qui essaie d'imiter les grands. Le jour où je lui suis arrivé avec la nouvelle qu'une maison d'éditions était intéressée à me publier, je crois, j'espère, je suis sûr que ça l'a fait hésiter un peu. Et je suis sûr qu'elle aussi se souvient de la première fois où je lui ai dit que je voulais devenir auteur. Bien sûr, même pour l'instant, vivre de ma plume reste plus un rêve qu'une réalité. Peu d'auteurs y arrivent vraiment, je m'en rends bien compte. Mais peu importe ce que l'avenir me réserve, je continuerai d'écrire. C'est une passion qui vient de beaucoup trop loin en moi pour que quelques épreuves arrivent à l'en déloger. Ce que ma famille pense de mon parcours, en résumé? Elle se soucie un peu trop de questions d'argent dont je tiens à rester éloigné aussi longtemps que possible. Mais ne soyons pas trop durs. Il faut mentionner aussi que mes parents sont très fiers de leur fils et m'encouragent pour l'instant de toutes les façons humainement imaginables!

Comment l'inspiration t'est-elle venue pour rédiger La ruse inversée ? Pour quelle raison avoir choisi d'écrire un récit se déroulant à l'époque du roi Louis XV ?

Pour la plus simple des raisons, et j'ai nommé : la passion! Parce que je suis un mordu d'Histoire, il n'y avait rien de plus naturel pour moi que de situer mon récit bien avant notre époque. Quant au choix du roi en particulier, eh bien... disons que je voulais un roman (ou deux dans ce cas) qui se déroulait tout près de la Révolution, sans être directement ''impliqué'' dans ce grand mouvement de l'histoire de France. Pas parce que je trouvais que cet événement était trop grand pour moi - j'ai d'ailleurs déjà écrit une autre histoire qui se passe en plein dans la Révolution, c'est vraiment un phénomène qui me fascine. Mais pour les guerres de noblesse que je mets en scène, il valait mieux éviter les complications d'un pareil séisme social! Je suis un grand lecteur et un encore plus grand admirateur d'Alexandre Dumas et bien que les littérateurs soient encore nombreux à le décrier, on peut avouer sans mal qu'il avait le sens de la grandeur, du suspense et du drame! Je ne sais pas si c'est sa plume qui a fait naître ma passion ou si c'est cette dernière qui m'a fait apprécier son oeuvre à ce point (l'éternel questionnement de l'oeuf ou de la poule!), mais bref, on peut sans mal le relier au choix que j'ai fait de porter mon écriture vers l'avenue historique. Quant à la question de l'inspiration elle-même... ''Une ruse inversée'' devait au départ être une simple nouvelle, une simple scène, celle du souper et de l'échange des coupes de vin qui donne son sens au titre. Par la suite se sont greffés des personnages, sur ces mêmes personnages se sont peints des visages, et sur ses visages se sont inscrits des émotions qu'il fallait bien justifier et expliquer au lecteur! Ainsi la nouvelle est devenue un roman, et le roman a trouvé sa suite.

Afin d'écrire ce roman historique, tu as sûrement dû trouver des informations sur l'époque. A-t-il été facile de faire toutes ces recherches ?

Je ne sais pas si ça peut nuire à ma crédibilité, mais je dois avouer que j'ai fait peu de ''recherches'' au sens conventionnel du terme : soit celui de l'auteur le nez fourré dans des livres plus épais et plus lourds que lui, qui prend des notes dans un petit cahier, compare ses sources pour en vérifier la valeur, etc. Et pourtant, la plupart des lecteurs et des journalistes qui parlaient de la Ruse faisaient remarquer la précision du détail historique! Ma connaissance des us et coutumes de l'époque me vient surtout de mes lectures de romans. Donc si recherches il y a eu, elles ont été disséminées dans toutes les histoires que j'ai dévorées depuis que j'ai appris à lire. Pas de notes, pas de gros volumes poussiéreux (ça, c'est seulement dans ma tête sans doute!) et pas de difficultés insurmontables. Comment pourrait-il y en avoir? J'adore lire et c'est de ces mêmes lectures que j'ai tiré les souvenirs qui m'ont aidé lors de l'écriture du roman. Comme on dit, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles!

Quel personnage a une personnalité similaire à la tienne ? Est-ce que des personnes réelles ont eu une certaine influence sur les protagonistes de ton histoire ?

Si quelques-unes de mes caractéristiques ou de celles de mon entourage se sont retrouvées injectées dans la personnalité de mes personnages, c'était inconsciemment. Et je ne dis pas ça pour convenir à la fameuse phrase : ''ceci est une oeuvre de fiction, toute ressemblance avec des personnes réelles serait fortuite...''. Bien sûr j'ai écrit des oeuvres plus personnelles où, soit par désir de confidence, soit par goût de satire, j'ai inclus des problématiques, voire des citations qui me viennent directement de mes proches. Mais pas pour le duo historique. Quoiqu'après coup, je puisse sans trop de mal y penser et dire ce que chacun a de moi. Je dirais que je suis un mélange du machiavélisme des père et fils d'Aguefort (quel auteur n'est pas fanatique des machinations!), de la volonté de Rose (qui se fera surtout sentir dans la suite) et de la discrète utilité des domestiques Michelle et Francelin. Reste que pour les romans véritablement autobiographiques, il faudra attendre un peu. Chose sûre, ça viendra bien assez tôt!

Est-ce que tu as un nouveau roman en cours d'écriture ? Si oui, est-il possible de nous donner quelques indices sur le sujet de ta prochaine histoire ?

Oh la la, la belle question! Par chance tu m'attrapes dans une passe plus ouverte de mon évolution littéraire. À une certaine époque, comme mentionné plus tôt, personne ne savait que j'écrivais. Ensuite je préférais taire les détails des oeuvres en cours de composition. Maintenant je parle de tous mes projets à tout le monde, ceux sur lesquels je travaille dans le moment et ceux sur lesquels je ne travaillerai que dans de longues années! Voici donc un résumé desdits projets du moment. Je n'ai pas écrit de vrai roman complet depuis ''En un mot'', achevé en mars dernier, mais je n'ai pas arrêté d'écrire pour autant : c'est plutôt que je me suis tourné vers le fantastique univers du théâtre! Après en avoir fait deux années de suite avec la troupe de mon école, j'ai choisi que je n'étais pas fait pour être sur la scène, mais j'ai compris que j'adorerais entendre mes mots clamés par des acteurs plus talentueux. Trois pièces sont sorties de cette idée, la première une pièce entièrement écrite en vers et en rimes qui emprunte aux thèmes chers à la tragicomédie du XVIIIe (amour, trahison et quiproquos à profusion!), les deux suivantes des comédies satiriques sur le thème des rites funéraires modernes qui feront toutes deux parties du triptyque théâtral ''La Mort à l'Agonie''... dont le troisième volet reste encore à écrire! Mais bon, je m'écarte de la question je crois. Je n'ai rien qui soit en composition dans l'immédiat, mais je n'ai aucun problème à vous parler de ce qui sera très certainement mon prochain roman, celui dont les idées marinent dans mon esprit depuis bien des mois déjà! Le titre en sera ''Couvre-feu''. Celui-là aussi à la base devait être assez court, mais comme pour la Ruse, j'y ai ajouté des personnages, des situations... de la chair autour de l'os, quoi! L'idée de base m'en est venue quand j'ai entendu parler de la fameuse proposition du maire Gendron de Huntingdon. La simple pensée d'une pareille limitation ne visant que les jeunes, sans raison véritablement valable, m'a révolté à un tel point que j'ai tout de suite su que je devais écrire une histoire à ce propos. Je m'imaginais, moi qui peux pédaler jusqu'aux quatre ou cinq heures de la nuit pour aller voir des amis que je n'aurais pas l'occasion de voir pendant la journée, privé du droit le plus élémentaire de circuler à ma guise... et je l'ai relié à toutes les autres occasions que la vie offre aux adolescents d'en vouloir aux règlements discriminatoires que la société leur oppose et qui, s'ils ont déjà été utiles à une époque, n'ont plus de raison d'être aujourd'hui... je les ai prises en note, ma mémoire en a gardé la trace à force de revivre ces situations d'injustice que tout le monde accepte parce qu'on ne peut supposément rien faire... et de là est né ''Couvre-feu''. Un roman engagé pour la cause de la jeunesse? Évidemment on devine que c'est une situation qui me touche particulièrement! J'en ferai une sorte de dystopie à la ''Farhenheit 451'', ''1984'' ou '''Le meilleur des mondes''... toutes lectures dont je m'abreuve à l'excès pour bien capter toutes les subtilités du genre avant de m'y essayer!

Quelles sont tes méthodes de travail lors de l'écriture d'un roman ?

Elles évoluent beaucoup, au même titre que moi pour l'instant, je dirais! À une certaine époque, j'étais assez rigoureux : chaque soir je prenais mon Laptop et j'écrivais 2000 mots, quoi qu'il se passe, peu importe les idées que j'avais. Puis j'ai compris que ça tombait plus souvent dans le remplissage qu'autre chose, ce qui me forçait à élaguer une bonne partie de mes textes pour les rendre potables. Alors j'ai décidé d'y aller de façon un peu plus naturelle. Je commence quand ça me dit, j'arrête quand ça me chante. Il y a des jours où j'écris plus, d'autres où je n'écris pas du tout. Je laisse les idées me guider. J'étais encore au secondaire quand j'ai écrit mes derniers romans, donc j'avais une routine de vie plus stable qui menait à une routine d'écriture plus stable. Maintenant que mes horaires sont aléatoires, je ne sais pas si j'arriverai à me replonger quotidiennement dans la composition. C'est un espoir! La régularité des séances d'écriture mise de côté, on peut mentionner le fait que je préfère composer sur un clavier d'ordinateur. De cette façon mes mains peuvent aller aussi vite que mes idées et je ne me sens pas noyé sous un flot de mots incontrôlable (ce qui se passerait inévitablement si j'écrivais à la main, je suis tellement lent!). Et la particularité que j'ai de ne pas être vraiment... ami avec les plans. Quand les idées sont bien fixées dans ma tête, je n'ai besoin que de quelques mots clés jetés sur une feuille, un titre, des noms de personnages, des émotions, et ça y est, je n'oublierai plus aucun détail de mon histoire!

À quel moment as-tu découvert ta passion pour les mots ?

Ma passion des mots en tant que leur spectateur, soit en tant que lecteur, je l'ai toujours connue. J'en ai douté parfois, j'ai cru que ce n'était pas assez, que j'étais fait pour autre chose et que je pouvais être plus heureux ailleurs que dans les mots... mais ils sont vraiment faits pour moi, et moi je suis fait pour eux. C'est seulement quand je baigne dans l'encre que je me sens comme un poisson dans l'eau, ah ah! Ou, pour être plus prosaïque, quand je trempe dans les lettres, parce qu'il faut dire que j'aime les mots autant à l'oral qu'à l'écrit. Pour ce qui est de découvrir ma passion pour les mots en tant qu'auteur, le déclic s'est fait dans ma tête en sixième année du primaire, lors de la composition d'un récit policier. La majorité des gars de mon groupe d'amis se sont dits alors qu'ils aimaient bien écrire et ont commencé des romans. Quelques-uns ont arrêté après quelques pages, d'autres après quelques chapitres. Je crois bien que j'ai été le seul à continuer tout le long de mon secondaire... et assurément le seul à être allé jusqu'à la publication! L'école aide beaucoup au processus en créant des occasions de rencontre entres les livres et les élèves. Mais elle pourrait aller encore plus loin non pas en obligeant la composition, mais en offrant davantage d'occasions à ceux qui s'y sentent à l'aise. Plus de concours, plus de discussions avec des auteurs, et pourquoi pas des projets de collaboration avec des écrivains intéressés par le talent de la jeunesse? Je suis certain que l'idée pourrait faire des petits - et aider la passion des mots à s'épanouir mieux encore.

Quels sont tes coups de coeur littéraires ? Quels genres dévores-tu généralement ?Si je devais mentionner un seul roman, ce serait sans aucun doute ''Le Comte de Monte-Cristo'', justement d'Alexandre Dumas dont je parlais tout à l'heure. Son écriture est tellement fluide, tellement passionnée, tellement, comment dire... à la fois poétique et mathématique. Ce qui semble une contradiction dans les termes, mais se révèle un mariage habilement réussi sous la plume de Dumas. Lisez-le pour comprendre : l'invitation est lancée! Ces temps-ci je lis également beaucoup de pièces de théâtre... mais je les passe à un tel rythme que spontanément aucune ne me vient à l'esprit. En général je suis un lecteur plutôt omnivore. Roman policier, roman d'amour, roman écrit il y a des centaines d'années ou alors publié il y a quelques jours, essais politiques ou environnementaux... j'aime tout ce qui peut satisfaire ma curiosité. C'est le but des livres, non?

Que conseillerais-tu aux jeunes passionnés qui voudraient se faire publier un jour ?

En premier lieu, d'essayer de tous les styles : on peut se révéler surpris en découvrant chez soi des goûts et affinités dont on ne se serait jamais douté auparavant. Ensuite de ne pas craindre les refus, ils sont nécessaires et peu d'auteurs peuvent dire qu'ils n'en ont essuyé aucun à leurs débuts. De s'entourer d'un comité de lecteurs à la fois fidèles et honnêtes... et si jamais les proches ne sont pas assez objectifs, d'aller en chercher sur les forums d'écriture : les échanges d'auteurs amateurs y foisonnent et à condition de faire un tant soit peu confiance, l'avis d'un inconnu se révèle souvent plus franc que celui de son entourage. De continuer de lire sans arrêt, parce qu'on ne cesse jamais d'apprendre. Et, conseil parmi les conseils, de ne pas considérer la publication comme l'ultime finalité. Nombreux sont les auteurs talentueux qui n'ont pas besoin d'être publiés pour trouver leurs lecteurs... et aussi nombreux ceux qui sont publiés mais ne les trouvent pas! Il existe des avenues différentes que l'édition et qui peuvent réussir aussi bien, sinon mieux. Bien sûr on est plutôt portés à considérer la gloire des ventes astronomiques et des longues files au Salon du Livre pour juger de la réussite d'un auteur. Ça semblera cliché, mais l'important est plutôt dans la qualité du lien auteur-lecteur que dans la quantité desdits lecteurs. Personnellement, je préfèrerai toujours les messages d'appréciation de quelques lecteurs comparativement à des chiffres élevés sur le rapport des librairies, s'ils doivent s'accompagner d'une boîte de réception tristement vide.



Je remercie cordialement Frédéric Tremblay pour ses réponses authentiques et je vous invite à voir à ces adresses ci-contre pour en connaître davantage sur l'auteur et lire mon avis de lecture sur son roman Une ruse inversée.

- Biographie de l'auteur ( enfin, ce que j'ai pu trouver ) : Frédéric Tremblay
- Critique de son roman Une ruse inversée : Une ruse inversée

D'autre part, vous aurez l'occasion de lire très bientôt mon avis sur L'heure des redevances, la suite de Une ruse inversée, car il sera ma prochaine lecture sur ma liste. À venir !

Entrevue avec Yasmina Khadra

Auteur algérien, Yasmina Khadra est un écrivain prolifique qui a écrit plusieurs romans, dont Les hirondelles de Kaboul. Après lui avoir posé quelques questions, c'est avec un grand honneur que j'ai reçu par courrier électronique ses réponses d'une intensité magique et je vous offre le plaisir de les découvrir ici-même.



Interview avec Yasmina Khadra




Pourquoi vouloir écrire des romans sur des sujets tabous ?


Il n'y a pas de sujets tabous en littérature. L'écrivain se doit d'investir les territoires et les croyances pour comprendre les convulsions qui faussent les rapports humains. Il est cette lumière qui éclaire les zones d'ombre qui sont en nous.

Quel message voulez-vous transmettre à travers vos livres ?


Un appel aux bonnes consciences et à l'intelligence.

Votre livre Les hirondelles de Kaboul est en quelque sorte un hommage aux femmes. Est-ce que le droit des femmes vous tient à coeur ?


Le droit à la vie et au respect est indispensable pour tout être humain. Notre malheur vient des injustices et des humiliations. Je crois que la femme est encore l'otage des abus de l'homme, d'où les déchirements et les frustrations qui chahutent notre quotidien. Je me bats à ses côtés.

D'où vient votre inspiration ? Comment faites-vous pour écrire avec une telle intensité ?


Probablement de l'intensité de mon amour pour l'espèce humaine.

Avez-vous déjà eu de la difficulté à écrire un bouquin ?


Chaque roman est, pour moi, une grossesse nerveuse, un travail titanesque, une épreuve formidable. J'écris dans une langue d'adoption, ce qui complique davantage ctte entreprise.

Est-ce que vous avez une préférence dans vos publications ?


J'aime " Ce que le jour doit à la nuit ". Pour moi, c'est mon meilleur produit. Il est ma fierté.

Lorsque vous étiez jeune, l'écriture vous passionnait-elle autant ?


Je suis né avec la vocation d'écrire. Je tiens cela de mes ancêtres, une lignée de poètes et d'érudits.

Pourquoi avoir choisi le nom de votre épouse comme nom d'auteur ?


C'est une longue histoire. En ce qui me concerne, c'était d'abord pour éviter la censure et écrire en toute liberté. J'ai gardé les prénoms de ma femme pour lui rendre hommage.

Avez-vous des projets littéraires pour le futur ?


J'ai un roman qui sort en janvier prochain . " L'Olympe des Infortunes ". Un roman sur les clochards et les rêves falsifiés.

Quels conseils donneriez-vous au futurs écrivains ?


Se battre jusqu'au bout. Il n'y a pas de recette miracle, il y a juste la foi et le courage. Ecrire est une aventure douloureuse. Il faut être fort dans sa tête et généreux dans son coeur.



Je remercie sincèrement Yasmina Khadra pour le temps qu'il a accordé à mes questions et je vous invite à connaître cet auteur de talent sur la page ci-contre : Biographie . D'autre part, si vous voulez en savoir plus sur son roman Les hirondelles de Kaboul, vous pouvez lire mon avis à partir de ce lien : Les hirondelles de Kaboul .

dimanche 17 octobre 2010

Entrevue avec Sylvain Hotte

Après avoir lu la série Darhan de Sylvain Hotte,
j'ai décidé de poser quelques questions ( par courriel ) à l'auteur pour
en savoir plus sur ses écrits et son métier d'écrivain. Il m'a
répondu chaleureusement et voici les réponses qu'il m'a offert.



Entrevue avec Sylvain Hotte



Qu'est-ce qui vous a incité à écrire une série se passant dans les steppes mongoles ?
Je me cherchais un bon sujet. Les conquêtes de Gengis Khan me semblaient un bel univers à explorer.

D'où viennent vos idées ? Est-ce que vous avez une méthode particulière pour trouver l'inspiration ?
L'inspiration, les idées... je ne sais pas. C'est un mystère. Ou un trait de caractère ? Peu importe, que j'écrive ou non, je suis toujours en train de me raconter des histoires. En général, je trouve l'inspiration assez vite. Je me glisse dans mes histoires et ça y va tout seul.

Vous avez prévu combien de tomes pour la série Darhan ? Est-ce que vous allez écrire d'autres romans par la suite ?
Il y a dix tomes prévus à la série. Plus quelques extras, dont un livre consacré aux aventures de Hisham et Subaï. Sinon, je travaille sur la suite d'Aréna, ma série sur la Côte-Nord et le hockey.

J'ai vu que vous écriviez une nouvelle série. Pourriez-vous m'en parler ?
Aréna est une série sur le territoire. Elle raconte les aventures d'Alexandre McKenzie, joueur de hockey autochtone. C'est une série ancrée dans le quotidien, dans un monde parfois idéalisé, avec quelques touches de surréalisme.

Pourquoi avoir décidé d'écrire une histoire sur un jeune hockeyeur ?
Je voulais parler de ce qui fait la richesse des québécois. De la forêt et de la mer. De la culture autochtone qui habite ce territoire depuis plus de 7,000 ans. Je voulais parler du quotidien en région, donner le goût de ces vastes espaces. Le hockey pour moi c'est le quotidien. Mais c'est aussi l'allégorie, la métaphore, qui amène le personnage à se dépasser et à devenir meilleur.

Qu'est-ce que l'écriture vous apporte dans votre vie ?
Le bien-être.

Que pensez-vous de vos écrits ? Êtes-vous très perfectionniste ?
Je ne suis pas un perfectionniste. Je suis surtout engagé tout azimut dans chacun de mes écrits. Ce qui compte dans l'oeuvre, avant tout, c'est le souffle. Et pour ça je dois m'investir sans compromis.

Enfant, quel genre de livres lisiez-vous ?
De toute sorte. Adolescent, je lisais surtout de la science-fiction et du fantastique.

En excluant le métier d'écrivain, quel autre métier auriez-vous voulu pratiquer ?
Capitaine de bateau.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent devenir écrivains ?
De tout donner, tout le temps, sans compter.


Je remercie beaucoup l'auteur pour ses réponses intéressantes et je vous invite à découvrir sa fameuse série Darhan sur la page que voici : Darhan .

Entrevue avec Pauline Gill

C'est avec une grande joie que je vous présente
l'entrevue que j'ai fait dernièrement par courriel avec Pauline Gill,
l'auteure de la série Docteure Irma. Elle a très gentiment répondu à mes
questions et voici tout ce qu'elle m'a répondu.



Entrevue avec Pauline Gill




Que représente l'écriture pour vous ?

L'écriture pour moi : une des grandes motivations de ma vie, mon poumon et ma façon de faire un pied de nez à la temporalité.

Lorsque vous écrivez un roman historique, comment faites-vous vos recherches ?

Je fouille tout ce qui existe d'archives dans les bibliothèques, les fonds privés et les journaux. Aussi, je fais des entrevues avec les gens qui auraient connu mon héroïne.

D'où est venue l'idée d'écrire une histoire sur Irma Levasseur ? Et comment viennent ces idées ?

Il y a quelques années, j'ai fait une recherche sur le sort des femmes du Québec depuis la Nouvelle-France ; c'est alors que j'ai découvert des noms de femmes demeurées dans l'anonymat malgré leurs réalisations à peine citées et très partielles. D'où ma décision de leur consacrer mon temps.

Dans la série Docteure Irma, y a-t-il un personnage en particulier dont vous vous identifiez ?

Non. La réalité de mes personnages est si dense que je n'y trouverais pas de place...

Dans toutes vos publications, qu'elle est celle dont vous êtes la plus fière ?

C'est toujours la dernière bien que je les aimes toutes comme on aime tous ses enfants.

Combien d'heures par jour consacrez-vous à l'écriture ?

Je travaille de huit à dix heures par jour et ce, cinq jours semaine.

Avez-vous des projets littéraires pour le futur ?

Plusieurs projets, mais je n'ai pas décidé lequel serait sur ma table à l'automne 2009.

Êtes-vous une grande lectrice ? Quel est le roman qui vous a le plus marqué ?

Forcément, je lis régulièrement des ouvrages en rapport avec mon écriture, mais je lis aussi des ouvrages qui peuvent m'apporter un plus dans ma façon d'écrire. J'ai adoré les oeuvres de Colette, de Jeanne Bourin, de Marcel Pagnol, de Marguerite Yourcenar, de Benoîte Groulx, Ken Follett, Éric Dupont et Micheline Morrissette. J'ai relu trois fois : Les oiseaux se cachent pour mourir.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent devenir écrivains ?

D'aller chercher des preuves de leur talent pour l'écriture et de se préparer à une bonne dose de discipline, d'humilité et de ténacité. Mais si la passion est là, tout sera fort valorisant et stimulant.


Je remercie beaucoup Pauline Gill d'avoir accepté de répondre à mes questions et je vous invite à découvrir sa série Docteure Irma à cette page-ci : Docteure Irma

Entrevue avec Mathieu Foucher

Dernièrement, j'ai eu l'honneur de faire une entrevue par téléphone avec
Mathieu Foucher, l'auteur de la série fantastique, Cantin et Isaya. L'interview
 a été très agréable et voici le résumé de cette rencontre verbale.



Entrevue avec Mathieu Foucher




Comment avez-vous écrit le premier tome de Cantin et Isaya ? Était-ce difficile d'entreprendre ce projet laborieux ?

C'est toujours difficile d'écrire un livre. Après mes études en lettres, j'ai eu envie d'écrire quelque chose pour me changer les idées, en pensant à mes frères et à mes soeurs dont mon deuxième livre est dédié à Félix, qui a treize ans. J'ai écrit mon roman tranquillement, entre deux et trois ans, avant de l'envoyer chez des éditeurs, par la poste. Par la suite, j'ai été accepté par Québec Amérique.

À quel moment avez-vous découvert la joie de l'écriture et que vous aviez un talent dans ce domaine ?

Avant de savoir lire et écrire, je faisais de petits livres avec des dessins et je demandais à mon père d'écrire l'histoire en-dessous. Comme la plupart des jeunes, dès que j'ai su lire, j'ai commencé à lire de longs bouquins à partir de la deuxième année. Puis, vers l'âge de quatorze et quinze ans, j'ai commencé à écrire des histoires plus longues. J'ai encore plusieurs demi-romans ou romans non terminés que j'ai écris à cette époque-là. Ensuite, j'ai été à l'université où j'ai fait une maîtrise, qui est comme un roman, et celle-ci a été à deux doigts d'être publiée. C'était une recherche et non une création. Par la suite, je me suis lancée dans mon livre.

À quel personnage vous vous identifiez le plus ?

Je dirais tous et chacun, à leur façon. Cependant, je pourrais dire que le personnage auquel je m'identifie le moins, c'est Isaya. Par contre, je l'associe à des modèles de personnes que j'ai cotoyé dans ma vie. Et pour ce qui est des garçons, Cantin et Zarco, les deux ont des traits avec lesquels je partage. Mais je ne peux pas dire que je me retrouve dans l'un ni dans l'autre. Toutefois, si j'avais à dire celui qui me ressemble le plus, je dirais que ce serait Zarco au lieu de Cantin.

Combien d'heures écrivez-vous par jour ?

Je travaille à temps plein, comme la plupart des écrivains au Québec, mais les rares auteurs qui ne travaillent pas font plusieurs rencontres dans les écoles et d'autres choses pour avoir un revenu qui a de l'allure. Pour répondre à ta question, ça dépend des périodes. Je travaille et entre temps, j'essaye de faire l'équivalent d'une page par jour, un peu moins quand je fais de la révision. Dans les derniers mois, j'ai diminué un peu, je dirais au moins six pages par semaine. Donc, tu peux calculer qu'une page me prend une heure par jour, alors on peut dire que j'écris sept heures par semaine.

Y aura-t-il une suite aux deux premiers tomes de Cantin et Isaya ? Si oui, combien d'autres romans ?

Il y aura le troisième tome qui sera le dernier de la série.

Est-ce que vous allez écrire d'autres romans ?

Oui, c'est ça l'idée. Lorsque le troisième tome sera publié, cela va faire au moins six ou sept ans que j'aurai travaillé dessus. Je vais avoir envie de changer et j'ai plusieurs autres idées et projets. Ceux-ci ne manquent pas, mais c'est surtout de trouver le temps pour écrire. En ce moment, je suis entrain d'écrire le troisième tome et j'ai fait un peu plus que la moitié dont une partie que j'ai déjà revisé. Donc, le troisième avance et il va conclure l'histoire.

Quel genre de livres lisiez-vous pendant votre jeunesse ?

Cela dépend à quelles périodes. J'ai passé rapidement aux livres pour adultes. Il faut dire qu'à cette époque-là, quand j'avais 16 ans, il n'y avait presque pas de livres jeunesse puisque cela a commencé vers la fin des années 80. Puis, les romans pour les jeunes ont explosé dans les débuts des années 90. Ce qui fait que lorsque j'ai grandis, il y avait très peu de romans jeunesse québécois. Par contre, j'ai lu beaucoup de livres comme Jules Verne et Les livres dont vous êtes le héros. C'était très à la mode à cette époque. Les livres dont vous êtes le héros, sont comme des jeux vidéos ou jeux de rôles, mais sous forme de roman. Tu commences à lire et après quelques pages, tu as des choix à faire qui t'envoient plus loin dans le roman. Bref, aujourd'hui c'est un peu moins populaire. Aussi, en troisième année, je lisais tous les Sherlock Holmes et les Agatha Christie de même que beaucoup de romans science-fiction.

Pour finir, quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent devenir écrivains ?

Et bien, comme beaucoup de gens le disent, il faut juste lire, c'est la première chose à faire puisque les personnes qui écrivent sont avant tout des lecteurs. C'est la seule façon d'apprendre à écrire. Le premier élément, c'est de lire beaucoup et pas seulement l'histoire, mais de regarder aussi ce qu'on lit. Par exemple, je cherchais tous les mots que je ne connaissais pas et dont je n'étais pas absolument sûr de la signification pour mieux les maîtriser. Après ça, quand tu les maîtrises bien, tu peux les utiliser lorsque tu écris. Je me souviens qu'un écrivain américain avait raconté, dans une entrevue, que lorsqu'une personne lui disait qu'il voulait écrire une histoire, il lui posait une question du genre " quand as-tu écris la dernière fois ? ". Alors, il disait que si la personne répondait " plus que quelques jours ", à son avis, ce n'était pas quelqu'un de sérieux et qu'il n'allait probablement pas écrire des histoires puisque c'est la pratique qui fait la différence.



Je remercie beaucoup Mathieu Foucher d'avoir accepter de faire cette entrevue avec moi et je vous invite à découvrir sa série et sa biographie en allant visiter ces deux pages ci-contre : Cantin et Isaya et Mathieu Foucher.

samedi 16 octobre 2010

Entrevue avec India Desjardins

Ce matin même, j'ai décidé d'écrire à l'auteure de la populaire série Aurélie Laflamme,
India Desjardins, pour lui poser quelques questions sur son métier de même que
sur son excellente série. Voici tout ce qu'elle m'a répondu.



Entrevue avec India Desjardins




Comment faites-vous pour vous remettre dans la peau d'une adolescente ?

J'ai des souvenirs très vifs de mon adolescence. Je me souviens que je me sentais incomprise des adultes et que j'avais toutes sortes d'émotions incontrôlables. Même si l'histoire d'Aurélie sort tout droit de mon imagination, je dois avouer qu'étant moi-même très gaffeuse et ayant toujours quatorze ans dans ma tête malgré mes trente ans, il y a quelques petites scènes inspirées de ma vie passée et présente ( l'anecdote des post-it de ménage est une réelle anecdote de mon adolescence, que ma mère me raconte encore... ).

D'où est venue l'idée d'écrire une série racontant l'histoire d'une jeune ado ?

Pour moi, c'est le cours naturel des choses. J'ai toujours écrit pour les adolescents. J'avais 19 ans lorsqu'on m'a engagé au magazine Cool et j'ai eu l'idée du journal intime de Marie-Cool en 2000. Ça fait donc plusieurs années que j'écris de la fiction pour les adolescents. Puisque j'écrivais surtout des fictions d'une page, dans le magazine, je me sentais limitée et j'avais envie de leur raconter une histoire plus étoffée. Et j'ai créé  Aurélie Laflamme. L'idée de la série m'est venue après la mort de Sybil, mon chat. Elle avait 18 ans, je l'avais depuis que j'avais 11 ans. J'ai eu énormément de peine... Puis, je me suis demandée ce que je dirais à mes enfants, si j'en avais, sur mes croyances face à la mort. Et la seule réponse qui m'est venue en tête est : je ne sais pas. Puis, elle est apparue dans ma tête, elle s'appelait Aurélie Laflamme, elle avait 14 ans, son père était mort quand elle en avait 9 et sa mère n'avait pas été capable de lui donner une belle image de la mort. Cela dit, Aurélie se pose beaucoup de questions existentielles, comme tous les adolescents d'ailleurs. Aussi j'avais promis à Sybil de la faire revivre dans une histoire et c'est ce que j'ai fait. On la retrouve dans la série !

Est-ce que vous avez des points communs avec votre personnage Aurélie ? Si oui, lesquels ?

Je suis très gaffeuse, j'ai peur des araignées et j'adooooore le chocolat !

Vous prévoyez combien de tomes pour la série Aurélie Laflamme ?

La série comptera huit tomes, nous la suivrons jusqu'à son bal de finissants.

Combien d'heures écrivez-vous par jour ?

Je ne peux compter, car même lorsque je n'écris pas, je pense à des idées. Mais je peux dire que je suis au moins cinq heures par jour devant mon ordinateur.

L'écriture a-t-elle été toujours une passion pour vous ou s'est-elle développée progressivement ?

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours écrit. J'ai, chez moi, des petits romans que j'écrivais pour le plaisir à l'âge de huit ans. D'ailleurs, la plupart des poèmes qu'on retrouve dans mes livres ont été écrits lorsque j'avais entre quatorze et seize ans.

Qu'est-ce qui vous plaît dans l'écriture ?

L'imagination.

Quand la série Aurélie Laflamme sera terminée, est-ce que vous songez à écrire d'autres romans ?

Oui, je voudrais écrire une autre comédie romantique du même genre que mon premier roman, Les aventures d'India Jones.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent devenir écrivains ?

Qu'il n'est pas pressant de publier. Il faut surtout écrire pour s'amuser ! Il sera toujours temps plus tard d'en faire un métier !


Je remercie chaleureusement India Desjardins pour ses réponses très intéressantes et si vous ne connaissez pas encore la série Aurélie Laflamme et son auteure talentueuse, je vous invite à les découvrir sur son site internet : www.aurelielaflamme.com .

vendredi 15 octobre 2010

Entrevue avec Diane Lacombe

Ce weekend dernier, j'ai choisis de faire mon entrevue par courriel avec la très charmante auteure, Diane Lacombe, qui a écrit entre autres la trilogie de Mallaig. Elle m'a répondu chaleureusement et je vous laisse maintenant découvrir ses réponses.



 Interview avec Diane Lacombe




Pourquoi avoir décidé d'écrire des romans qui se passent dans l'Histoire ?

L'Histoire et le Moyen-Âge en particulier me passionnent et sont pour moi une source d'inspiration généreuse et inépuisable. Ça m'est relativement facile d'imaginer des personnages qui évoluent à cette époque, et même, de me voir à leur place, dans ces lieux éloignés dans le temps et l'espace. Penser que ce que j'invente aurait réellement pu se produire ; que ma fiction respecte un contexte historique donné : voilà un élément qui me stimule de façon tout à fait particulière.

À quel âge avez-vous écrit votre première vraie histoire et quel était le sujet de celle-ci ?

Si tu entends par " vraie histoire " un long récit comme un roman, cela s'est passé avec la Châtelaine de Mallaig, livre écrit durant l'an 2000, alors que j'avais 43 ans.

Comment trouvez-vous vos idées ?

Dans l'histoire de l'Écosse médiévale, justement, laquelle je découvre en parcourant des livres d'histoire et en visitant des sites internet sur le Moyen-Âge. Pour le reste, je présume que c'est le fruit de mon imagination !

Quel est votre personnage favori dans la trilogie de Mallaig ?

J'ai un faible pour Gunelle Keith, probablement parce que c'est la première héroïne à qui j'ai donné la parole. J'ai vraiment vécu le deuil de ce personnage quand j'ai terminé le roman, un peu comme une grande amie avec laquelle j'aurais fait un long voyage et dont j'ai dû me séparer, au retour. Côté masculin, c'est Baltair ( l'Ancien ) que je préfère : il a failli voler la vedette à Lite McGugan en cours d'écriture du roman L'Hermine de Mallaig !

Si vous n'étiez pas écrivaine, quel autre métier feriez-vous ?

Je serais sans doute encore conseillère en communications. Mais s'il m'est permis de rêver à un métier tout à fait différent, que je n'ai jamais exercé, je dirais géologue. J'ai toujours été fascinée par les pierres et les rochers, mais j'étais tellement nulle en sciences à l'école, alors...

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent devenir écrivains ?

Lire, lire et encore lire. Je crois que le premier outil de l'écrivain est la maîtrise de la langue écrite, et pour cela, il n'y a pas mieux que la lecture ( toutes sortes de lectures et d'auteurs ) pour arriver à bien manier la langue et arriver à écrire des textes précis et fluides.



Je remercis beaucoup Diane Lacombe pour ses réponses et je vous invite à découvrir ses romans, entre autres l'un des tomes de la trilogie de Mallaig, Sorcha de Mallaig. Et pour en savoir plus sur l'auteure, vous pouvez visiter cette page-ci : Diane Lacombe .

Entrevue avec Pascale Gingras

Récemment, tout comme je l'ai fait avec Gilbert Sinoué, j'ai contacté par courriel Pascale Gingras, l'auteure du roman jeunesse Un jeu vers le soleil. C'est avec générosité et plein de chaleur qu'elle a répondu à toutes mes questions, même beaucoup plus, ce dont je ne regrette pas.

Maintenant, place à l'entrevue !



Interview avec Pascale Gingras




Comment avez-vous écrit Un jeu vers le soleil ?

J'ai écrit Un jeu vers le soleil lorsque j'étais au Cégep, entre mes travaux scolaires, dans l'attente de l'été qui m'attendait moi-même en Ontario ! Je faisais lire chaque chapitre fini à mon amie Chantal qui me donnait son " feed-back " avant que je continue.

Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de replonger dans votre roman ?

Je l'ai d'abord écrit à 17 ans, donc en 1984, puis il a dormi dans un tiroir jusqu'à ces dernières années. Si je n'ai pas écrit entre temps c'est parce que j'ai eu mes enfants et ça garde occupé ! J'écrivais un journal de grossesse, puis de bébés, puis j'ai commencé à enseigner et je n'ai plus eu le temps pour mes créations personnelles, jusqu'à ce que mes filles deviennent grandes !

Je me suis remise à écrire par hasard à l'été 2004. Je cherchais sur Internet des concours pour mes élèves quand je suis tombée sur le concours des éditions de la paix... J'ai alors remanié Un jeu vers le soleil... On m'a retourné mon manuscrit après le concours avec une lettre disant que bien qu'habituellement on ne retourne pas les manuscrits, mais qu'on le faisait pour m'encourager à envoyer mon roman dans une maison d'édition... ce que j'ai fait. J'ai découvert qu'écrire me détendait beaucoup, m'empêchait de stresser pour mes élèves... Alors je n'ai plus arrêté...

Avez-vous une méthode d'écriture particulière ?

Pour composer, inventer, j'aime être confortable. Donc, loin de l'ordinateur. Un clavier ne m'a jamais bien inspirée ! J'écris donc les grandes lignes dans un cahier - un beau cahier ! J'aime toucher du beau papier -, au plomb, installée dehors ou au fond de fauteuil confortable. J'ai besoin de bruit de fond : les allées et venues des gens ou de la musique si je suis seule. Je me fais un plan de chapitre, puis quand je sais où je m'en vais, je passe à l'ordinateur. Je reviens parfois peaufiner des passages dans mon cahier à l'aide de mes fidèles dictionnaires.

Comment trouvez-vous vos idées ?

J'ai effectué des recherches dans plusieurs encyclopédies médicales, pour faire des regroupements et être bien sûre des informations médicales mentionnées. Quand j'ai remanié ce roman, j'ai consulté Internet, surtout le site de l'Institut Louis-Braille, pour une foule d'informations sur la cécité et sur la technologie accessible aux non-voyants. J'ai consulté les sites des Cégeps de Québec pour les informations relatives aux services offerts aux non-voyants. J'ai également lu des forums de discussion pour me mettre dans la peau d'étudiants dans le même cas que Thierry.

Selon vous, qu'est-ce qui est le plus important dans un livre ?

Le plus important dans un livre, c'est surtout que le lecteur ne s'ennuie pas ! Il faut créer des attentes, des surprises et soigner les débuts et fins de chapitres. Éviter les longues descriptions ennuyeuses d'objets ou de lieux.

À quel personnage vous identifiez-vous ?

Voici un extrait d'une chronique écrite pour maglecture qui répondra à ta question.

« L'une des questions qui m'a donné du fil à retordre est venue d'Éric Simard, animateur de radio, qui m'a demandé si je m'identifiais à Vanessa, la mère de Thierry dans le roman. J'ai bafouillé je ne sais plus quelle réponse , parce que, ais-je réalisé plus tard, je m'identifie à l'adolescente du roman, malgré mes quarante ans ! En grande partie sans doute parce que j'ai écrit la première version de ce roman à dix-sept ans, alors que j'étais moi-même en amour ( avec Michel qui est maintenant mon mari ! ) et à la veille de partir en Ontario, comme l'héroïne... Quand j'ai réécrit le roman, plusieurs années plus tard, je n'ai pas eu de difficulté à continuer de me mettre dans la peau de Véronique : mon adolescence ne me semble pas si loin, moi qui ai conservé les mêmes amours et amitiés qu'à l'époque, et qui suis maintenant mère de deux ados ! »

J'ajoute pour toi, Fanny, que dans ma première version du roman, on ne parlait que très peu des parents. C'est quand j'ai réécris le roman que leur rôle a pris de l'ampleur : j'étais alors moi-même parent et je ressentais leurs peurs ! Il fallait que j'en parle.

Comment avez-vous réagis lorsque vous avez su que votre roman allait être publié ?

C'est par courriel que j'ai appris que mon manuscrit était accepté et je n'y croyais pas. Je l'ai relu trois fois pour être sûre. Comme j'avais gardé secrète ma démarche, j'ai pensé à tous les gens que j'allais surprendre, dont mes parents. Mon plus gros " trip ", je l'ai eu quand ma fille Carole-Anne et moi sommes allés ensemble acheter un exemplaire du roman en librairie ( j'y tenais, bien que j'en avais reçu une caisse à la maison ! ). C'était magique de voir tous ces exemplaires de mon roman empilés sur un présentoir du Renaud-Bray ! Je te souhaite de tout coeur de vivre ça un jour, Fanny !

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent devenir écrivains ?

Écrire beaucoup. Écris tout ce qui te passe par la tête : ton journal, ton blog, des poèmes, des nouvelles, des romans, etc. J'ai écrit des tonnes de choses qui ne seront jamais publiées, mais qui m'ont servi à trouver mon propre style. C'est important.

Ne pas avoir peur de recommencer ( je l'ai fait six fois ).  Il ne faut pas non plus avoir peur des commentaires des éditeurs. Ils corrigent le manuscrit en inscrivant des tonnes de choses sur toutes les pages. Il faut comprendre qu'ils ont aussi à coeur que nous que le roman soit le meilleur possible.

Inspire-toi, observe les gens. Essaie de comprendre comment ils pensent, pourquoi ils font ce qu'ils font. Mes cours de psychologie me servent souvent pour les personnages, ainsi que plusieurs choses apprises dans le cadre de mon métier d'enseignante sur les personnalités distinctes.

Quand on veut parler de quelque chose qu'on connaît moins, il ne faut pas hésiter à aller chercher l'information. Je l'ai beaucoup fait pour mon prochain roman, qui sortira le 25 février 2009 : Une carte sans légende. Si tu le lis, tu verras dans les remerciements que j'ai dû consulter plusieurs personnes.



Je remercie beaucoup Pascale Gingras pour ses réponses et je vous invite à découvrir son roman, Un jeu vers le soleil, et si vous voulez en savoir plus sur cette auteure jeunesse, allez sur cette page-ci : Pascale Gingras.

Entrevue avec Mario Francis

Comme je le disais dans mon autre article, j'ai pu, grâce à mon journal, faire  des entrevues avec plusieurs personnes dont avec des auteurs connus. Voici un interview que j'ai fait au Salon du Livre avec Mario Francis, l'auteur fort sympathique de la série Léonis ( que, tout comme Pakkal, je n'ai pas encore finit de lire )



Interview avec Mario Francis




Quel était votre premier livre ?

Le premier livre que j'ai écrit était le livre de Poliakov. C'était un livre d'horreur pour adulte qui se passait en Russie.

Quand avez-vous eu l'idée de faire la série Léonis ?

La série de Léonis était une commande de mon éditeur, Michel Brûlé. Celui-ci m'a appelé le 31 décembre 2003 pour m'offrir une série qui se passait à l'époque des pharaons. J'ai quitté mon emploi pour mieux m'y consacrer et j'ai commencé à l'écrire le 3 janvier 2004. Depuis ce temps-là, c'est lancé et ça marche bien.

Comment cherchez-vous vos inspirations ?

Je ne sais pas d'où vient mon inspiration. Premièrement, l'Égypte est une civilisation qui inspire les pyramides et les temples. Mais moi ce que je dis, c'est que les enfants ont beaucoup d'inspiration. Par exemple, quand tu jouais à la poupée, tu avais toujours de l'imagination pour créer tes aventures. Je pense que c'est ce qu'il faut garder comme jeunesse de coeur.

Combien d'heures par jour écrivez-vous ?

Dans mes périodes d'écriture, comme en ce moment où j'entame le neuvième tome de Léonis, je peux passer un bon douze heures par jour.

Les noms des personnages dans Léonis ont-ils déjà existé ?

Je prends la plupart des noms sur des tombeaux égyptiens sauf celui de Léonis qui est un acronyme, mais c'était voulu puisque ça inspire le lion.

Quel personnage vous ressemble le plus ?

Un peu de tout ! Je dirais que j'ai un peu l'humour de Montu ( qui se prononce Montou ) et l'indécision de Léonis. Le seul personnage qui ne me ressemble pas c'est Menna.

Quel livre préférez-vous dans votre série et pourquoi ?

Je les aime tous pour la simple et bonne raison que c'est pour moi un gros roman. Alors, il n'y a pas de tome que je préfère puisque chacun équivaut à un chapitre.

Il y aura combien de tome de Léonis ?

Il va en avoir douze en tout, comme les horloges et les douzaines d'oeufs.

À part le métier d'écrivain, quel autre métier aimeriez-vous faire ?

Oh !! Chevaliers de Colons ( rires ) ! Non ce n'est pas un métier ! Non, moi je pense que j'ai toujours rêvé d'être auteur. C'est vraiment le métier que je visais. Pour le reste, je suis aussi artiste-peintre, je fais des expositions de temps à autres. Mais on ne peut appeler ça un métier comme tel. Je suis aussi musicien et auteur-compositeur et j'aime ça. Mais mon métier d'auteur me plaît énormément.

Avez-vous des enfants ? Si oui, aime-t-il avoir un père écrivain ?

J'ai un garçon de dix-sept ans qui n'a jamais lu une seule ligne de Léonis. Ça ne l'intéresse pas !



Pour en savoir plus sur l'auteur et sa série Léonis, allez sur son site : www.mariofrancis.com .

lundi 11 octobre 2010

Entrevue avec Maxime Roussy

Il y a quelques années ( un ou deux ans je pense ), j'étais la rédactrice en chef d'un journal intitulé Éco-Jeunes pour un groupe dont je faisais partie. Pendant ces deux années, j'ai eu l'honneur de faire plusieurs entrevues avec différentes personnes dont Maxime Roussy et Mario Francis. Alors, l'idée m'est venue de mettre ces deux interviews sur mon blog littéraire.

Voici l'entrevue que j'ai fait par courriel avec Maxime Roussy, auteur de la série Pakkal ( que je n'ai pas encore finit ).



Interview avec Maxime Roussy



Comment avez-vous imaginé l'histoire de Pakkal ?

Mon éditeur, Michel Brûlé, m'a demandé d'écrire une histoire de style fantastique sur les Mayas. Je ne connaissais que Maya l'abeille ! J'ai cherché sur Google où j'ai appris l'existence d'un prince maya devenu roi à 12 ans et 125 jours, Pacal ( ou Pakal ). Je me suis dit : j'ai mon personnage ! Après j'ai lu tout ce que je trouvais sur les Mayas. Et j'ai laissé mon imagination s'amuser.

Avez-vous une méthode pour trouver l'inspiration ?

Ah ! L'inspiration ! Parfois si généreuse et parfois si radine. Quand elle se présente, il ne faut pas la laisser partir ! Et quand ça ne va pas, eh bien, je ne force rien. Mais des fois, on n'a pas le choix d'appliquer de la pression. J'ai une relation amour-haine avec l'inspiration. C'est une maîtresse exigeante !

Combien faites-vous d'heures d'écriture par jour ?

Environ deux ou trois heures. Et je passe le reste de la journée à penser à mon histoire.

Avez-vous écrit d'autres livres que Pakkal ?

Oui, des romans, des essais, entre autres. Pakkal 7 sera mon 17e livre publié.

Les noms sont assez bizarres, je dois dire. Comment les avez-vous trouvés ?

Certains existent déjà ( Pakkal, dame Kanal-Ikal, dame Zac-Kuk ), d'autres sont des amalgames de noms mayas que j'ai trouvé ici et là.

Quel personnage vous ressemble le plus ?

Hum... Il y a un peu de moi dans tous les personnages, même dans celui de Ah Puch, le dieu de la Mort !

Il y aura combien de tomes de Pakkal ?

Au moins douze. J'ai l'impression que je pourrais en écrire 72. Le monde des Mayas est fascinant.

À part votre métier d'écrivain, quel autre métier aimeriez-vous faire ?

Je vais bientôt réaliser mon premier film, une comédie intitulée Agoramania. J'ai toujours été fasciné par le cinéma.

Quel tome avez-vous préféré écrire ?

Le premier, évidemment, a été particulier puisque j'entrais dans un nouvel univers. Mais chaque tome est une aventure en soi. Et j'aime voir mes personnages évoluer.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes écrivains ?

Lire, lire, lire et lire. Aussi, écrire ! Et persévérer. Et s'écouter. Ne pas écrire " à la manière de ", mais écrire à NOTRE manière. Également, le plus important, avoir du plaisir.


Si vous ne connaissez pas encore la série Pakkal ou si vous voulez connaître davantage l'auteur, allez sur son site : www.pakkal.com .

Entrevue avec Gilbert Sinoué

J'ai eu le plaisir de contacter Gilbert Sinoué par courriel tant pour le féliciter pour ses romans et sa plume incroyable, mais aussi pour lui poser quelques questions pour mon cher blog littéraire. Et il a répondu avec joie donc je vous présente la première entrevue de Au coeur des mots.



Interview avec Gilbert Sinoué



Comment viennent vos idées ?

De la manière la plus banale qui soit : un mot, une phrase, un film, une rencontre, une musique, un chagrin, toutes ces choses qui font la vie peuvent à un moment donné me souffler l'idée d'un roman.

Quel roman avez-vous préféré écrire ?

Tous... sinon j'aurais arrêté en cours d'écriture. Disons simplement que certains ont été un tout petit plus " faciles " à gérer que d'autres.

Combien d'heures d'écriture faites-vous par jour ?

Un dizaine... mais deux ou trois sont vraiment prolifiques...

Est-ce difficile d'écrire des romans sur un moment de l'Histoire en n'y rajoutant de la fiction ?

Au contraire, l'Histoire vous soutient, elle sert de " rampe "...

Depuis quand écrivez-vous et pourquoi avez-vous décidé d'en faire votre métier ?

J'écris depuis que j'ai appris à écrire... mais je n'ai jamais décidé d'en " faire " un métier... Il n'y a pas eu de décision prise. C'était naturelle... Inévitable.

Quel roman a été le plus laborieux à écrire ?

Le Livre de saphir.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient devenir écrivain ?

Ne jamais entamé l'écriture d'un roman si l'on a pas un début, un milieu et... une fin. Bref, si l'on n'a pas une histoire, une vraie...


Je remercie beaucoup Gilbert Sinoué pour ses réponses et je vous invite à découvrir ses romans. Pour en savoir plus, vous pouvez aller sur cette page-ci : Gilbert Sinoué .