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vendredi 22 octobre 2010

Reflets d'un guide

Reflets d'un guide



Reflets éternels de l'humanité
Reflets sans fin d'une ode à la beauté
Ce lac, miroir d'un songe réel
Renvoie les courbes azuréennes du ciel
Fondant sa grandeur
Sur les terres d'un faux prometteur
Ses vagues, sourires timorés de sa légèreté
Sont les battements de son invisible personnalité
Qui font écho à l'âme du spectateur
Agenouillé devant la vérité du coeur
Celle-là même qui m'a guidé
Vers ton souffle liquifié
À toi, reflets éternels de l'humanité
À toi, reflets sans fin d'une ode à la beauté




Fanny Mathieu ( 2010 )

Lettre d'un ange

Chère Maman,
Cher papa, 

Il me doit en ce moment de vous écrire afin de vous coucher mes remerciements doublés d’émotions. Ma plume est larmoyante, car les mots sont faibles pour sécher les larmes constellant vos visages cachés par l’orage. Le combat a été interminable, douloureux, mais j’en ressort grandis. Hélas, ma vaillance n’a pas su égaler les armes de mon corps physique. Cependant, pénible à moi de lui en vouloir puisqu’elle me délivre enfin des champs de bataille et m’offre le cadeau d’avoir vécu une expérience qui m’aidera à évoluer au sein du vaste dôme de notre univers. Te rappelles-tu ce que tu me chuchotais, maman, lorsque j’étais assaillis par la peur résultant d’une opération ? « Imagine-toi voguant sur les constellations… ». Je suis heureuse de te dire, maman, que je pourrai enfin réaliser ce chuchotement et que je pourrai étaler ma lumière d’étoiles en étoiles, une lumière assez scintillante que tu pourras entrevoir telle une étoile filante. Ce sera les éclats de mon amour se délivrant de l’infinie « là-haut ». Ne pleure pas, ma belle maman, car je ne suis pas malheureuse de quitter la souffrance d’un corps en rébellion. Ce n’est qu’un merveilleux voyage vers notre source et dans laquelle tu me rejoindras lorsque ton chemin y aboutira. Ne pense point que je t’abandonne, que tu ne me verras plus jamais, que la vie n’a plus de sens sans moi, car tu t’infliges des souffrance qui ne valent pas la peine d’être connues. Imagine-toi que je pars en voyage vers un autre pays, mais un pays ayant les vrais vertus du paradis. Cesse de t’inquiéter, maman, car  je serai toujours à tes côtés. 

Je sais que cette lettre peut vous paraître mystérieuse, car rare sont les personnes qui ne nagent pas dans la peur et la rage alors que leur corps abandonne un combat acharné. Je mentirais si je disais que je ne tremble pas d’inquiétude devant cet infinie qui m’attend et l’absence de vos sourires, mais je mentirais également si je disais que je me noie dans la rage. Tout est parfaitement clair dans mon esprit et je dois cette pureté à mes guides qui, sans que je ne les voient, m’ont guidée pas à pas sur ma route sinueuse. Je sais que je n’aurais eu point cette pensée lors des précédentes années et c’est tout a fait logique. Comment ne pas en vouloir à l’univers  lorsque ma jeunesse est jetée à l’eau ;  quand mes seuls défis sont les chirurgies ; quand mon seul nid est le lit d’hôpital ; quant mes sentiments de confiance tombent avec mes cheveux ; quand ma douleur transparaît dans ma blancheur ; quand mon seul ami est le paysage par la fenêtre ; quand mon seul amour est ma famille ; et quand mon seul rêve est de mourir… Oui, j’en ai voulu amèrement à ce « Dieu » et j’ai constamment exprimé ma rage à travers mes larmes, car savoir que je n’aurais jamais droit de vivre comme un individu normal et que la mort est mon seul destin, est un constat impitoyable, surtout lorsque je sais que je partirai avant d’avoir atteint l’âge adulte. Une épreuve comme celle-ci ne devrait pas être vécue par un enfant qui cherche l’innocence et la joie. Mais à quoi bon damner le bon Dieu lorsque la seule personne à blâmer est nous-mêmes ? Car je sais que cette expérience, je l’ai choisi avant ma naissance et c’est à travers cet obstacle que j’ai compris cette notion entre plusieurs autres. Au moins, je suis heureuse d’avoir appris de cette chute physique et que j’aurais eu le temps de le murmurer aux autres personnes comme moi qui combattent et s’acharnent à survivre. Je suis heureuse également d’avoir été soignée par une famille qui mérite tous les honneurs et dans laquelle j’aurais vécu tout au moins les effluves d’un amour inconditionnel.  

Il est désormais l’heure de vous quittez, car je sens que cette nuit sera ma dernière. Maman, ma belle chérie qui dort en ce moment sur la pointe de mon lit, je te remercie de m’avoir insufflé le souffle de la vie le temps de quelques années et d’avoir continué à m’aimer malgré ma maladie. Maintenant, ta seule préoccupation sera de t’occuper de toi-même et de l’enfant qui croît en toi, ce petit frère ou cette petite sœur si déjà cher à mon cœur. Papa, je te remercie également pour ta présence chaleureuse et paternelle qui m’a tant de fois calmée et pour ton humour désopilant qui a réussi à m’arracher quelques sourires. Tes rires seront les cloches de mon paradis. Et toi, petit enfant, j’espère que tu as choisi un chemin moins douloureux que le mien et que tu auras la chance de vivre à pleines dents. Je suis heureuse et rassurée de savoir que tu seras ce petit ange qui prendra soin de nos parents.  

Je vous aime et vous aimerez toujours d’étoiles en étoiles. 

Nelly Faddle
Votre ange gardien



Composé par Fanny Mathieu ( 2010 )


ayatana.ch

jeudi 21 octobre 2010

Mon envol

Je pense qu'après deux mois dénués d'écriture, il était l'heure que je vous poste un récit personnel et ainsi assouvir ma faim " plumesque ". Veuillez me pardonner de cette absence prolongée puisque je n'y pouvais rien moi-même. Les études comblaient et comblent tant mes horaires que je n'ai peu de temps pour écrire. En fait, c'est tout juste si je peux m'adonner à la lecture ! Oui, c'est une douloureuse tragédie pour quelqu'un qui a un amour littéraire aussi vaste que son propre coeur...

Ainsi donc, je vous ai concocté un poème particulièremennt subjectif qui dévoile ce que je ressens en ce moment. Pour mieux vous éclairer, j'ai été acceptée au Cégep de Sherbrooke en profil Lettres et puisque ce bâtiment est érigé si loin de la maison, je dois définitivement quitter le nid pour m'établir au sein de la ville de Sherbrooke, un départ lancé pour le mois de juillet. Ergo, ce texte est le miroir de mes émotions à l'égard de cette envolée hors de ma chaumière familiale et qui me cause tant d'excitation et de crainte interminables. Battre de mes propres ailes est une étape péremptoire pour moi et il m'était impératif de l'exprimer en quelques mots.


Mon envol



Face, les yeux vers le dôme étoilé,
Le cœur serré, se dévoilent mes battements apeurés.
Une larme, un sourire de liberté,
En mon esprit essoufflé,
Voilà que s’entrouvre un mélange de sentiments bousculés.
Ces émotions, aussi désemparées soient-elles,
Chamboulent mon existence canonique,
Ouvrant l’ombre d’un chemin édénique,
Hélas ! naguère utopique,
Devenant, telle l’éclosion d’un rêve, soudain véridique.
Mon dos se voûte,
Un éclair zèbre la voûte,
Parmi l’éruption de la frénésie,
S’entrouvrent alors mes ailes battant l’infinie.
Impuissante, ballottée entre les flots de l’horreur
Et l’apogée du bonheur,
J’inaugure ma première envolée,
Au loin, dans le ciel veloûté,
Disant adieu au nid qui m’a abritée
Et à la tendre famille qui m’a couvée.


Fanny Mathieu ( 2010 ) 



absolute3d.net

mercredi 20 octobre 2010

Recueil de mes petits poèmes

Après mûre réflexion, j'ai décidé d'ouvrir un simple article pour accueillir tous les petits poèmes que j'ai composé pour ma chronique, Mots à l'honneur ( dans le menu de gauche ). Ainsi, ils auront à la fois une place dans la catégorie qui leur rend hommage que dans celle qui regroupe tous les fruits de ma plume. J'ai cru bon leur ajouter chacun un titre personnel pour résumer l'ensemble de l'écrit et le thème sur lequel il est basé. D'autre part, si vous regardez attentivement, vous verrez que certains poèmes sont des acrostiches qui, selon Wikipedia, est « (...) un poème fondé sur une figure de style consistant à ce que les initiales de chaque vers, lues verticalement de haut en bas, composent un mot ou une expression se rapportant au sujet du poème. » Dans mon cas, c'est le mot louangé. Alors, prêtez bien attention !




De fleurs en fleurs ( Papillon )

Papillonnant entre fleurs et vallées,
Angélique beauté du matin,
Pour l'offrande de nos regards,
Il délivre sa félicité au gré de ses frémissements.
Libre, il vole, toujours,
Libre, il s'envole, vers la voûte infinie.
Ô bellissime papillon de nos rêves !
N'oublie jamais d'apaiser notre asthénie, fruit des sombres jours...



Vision du messager ( Papillon )

Bercée dans les ornements de mon jardin,
J'attends yeux ouverts, incertaine, l'emblème divin
Qui, dans l'aurore gelé du printemps,
Nous fait honneur de la prose de ses battements.
Soudain, Ô délicieuse vision !
J'entrevois le rayon de quelques couleurs en émersion,
Un papillon vêtu des plus bellâtres motifs
Qui s'illuminent sous les rayons d'un soleil passif.
Mon visage s'auréole de plénitude,
Mon coeur épuré de toute solitude,
Et chassant les ombres du quotidien,
Je tends la main vers mon diaphane gardien
Avant qu'il retourne haut dans les dunes nuageuses
Qui adornent le dôme azuréen de notre Terre louangeuse.



Le coeur de la rivière ( Rivière )

Rigoureuse, tu danses entre les floraisons du matin,
Infaillible et sans impureté.
Va devant, tout droit,
Indéfectible, la source t'attend,
En creusant ta route à travers le temps.
Rochers et arbres, peu importe les obstacles,
Encensée de limpidité, toujours tu brilleras.



Ruisseau de mon âme ( Rivière )

Enveloppée de quiétude,
Je patiente ton prélude,
Recueillie devant le cours d'eau de ta sagesse
Qui creuse sa route en toute hardiesse.
Mains en coupe, yeux fermés,
Je recueille ce que tu portes à ta mère bien-aimée,
L'oreille envoutée par tes notes cristallines
Qui viennent éclorent dans mon âme divine.
Reposant l'eau qui t'anime jour et nuit,
Je déverse mes émotions dans ton antre épanoui.
Bercée, apaisée,
Je m'abandonne à toi, rivière esseulée.



Les racines éternelles ( Famille )

Femmes, hommes et enfants,
Avenir de la Terre,
Miroite en vous l'essence divine
Immortelle, telles vos racines.
L'arbre de vie sommeille en vous,
Libre d'arborer son feuillage
En lequel vous trouverez l'unicité d'une famille.



Naissance terrestre ( Famille )

Enveloppée dans ma sphère astrale,
Où, sous mes ailes, se dévoile la Terre ancestrale,
J'entrevois des êtres singuliers
Cantonnés dans un doux foyer.
L'arme à l'oeil,
Je bénis ma prochaine famille d'accueil,
Alors que s'entrouvre le tourbillon de lumière
Qui, patiemment, me posera dans les entrailles de ma mère.
La main levée vers les anges
En signe de bienvaillance,
Je quitte la source divine,
En route vers mes futures racines.



Les ailes du libre-arbitre ( Liberté )

Libre, tu voles,
Ivre d'amour pour le ciel scintillant.
Béni par la lumière des dieux
Et le murmure du vent fougueux,
Roule sur le voile poudreux des nuages
Tapis dans l'ombre du soleil.
Éternel et libre, toujours tu seras !



Délivrance ( Liberté )

Tapis dans l'ombre du chêne
Tu te prépares à t'envoler hors de tes chaînes
À la conquête de la liberté
Qui te fera voir les plus sublimes contrées




Textes écris par Fanny Mathieu ( 2009-2010 )

Honorables mots

Je vous offre derechef un poème honorable sur les mots, cette
passion littéraire qui me consume. Je n'ai pu m'empêcher
de couler mes impressions sur papier et c'est avec un
indicible plaisir que je vous présente le petit fruit de ma plume.



Honorables mots



Joyaux éternels de la connaissance,
Miroirs de nos plus belles espérances,
Objets d’une liberté,
Fruits d’une honorable plume illimitée,
Est-il possible d’imaginer,
En cette société qui refuse la réalité,
De se séparer de ces précieux manuscrits
Qui renferment la création de l’esprit ?
Noyée par les mots dorés
Et par les pages enrobées d’un univers étranger,
Je ne puis me faire violence
Contre cette grâce de la conscience,
Car, mon âme éclairée par le divin,
S’embrase de lumière devant tous ces bouquins.


Fanny Mathieu ( 2010 )



Retrouvailles

Retrouvailles




Appuyée contre le bastingage, elle regardait les vagues déferlées contre la coque du navire avec un regard absent. Elle était seule sur la passerelle, arborant son visage à la bruine qui tombait sur le paysage. Au loin se distinguait la côte, mais le navire était encore trop éloigné pour qu’elle puisse entrevoir les quais du village, sa ville natale. Le cœur de la jeune femme se mit à battre à un rythme plus effréné en pensant à ses proches qui l’attendaient sur le débarcadère, leurs chapeaux rabattus sur leur visage inquiet. Cela faisait des années qu’elle ne les avait pas croisé, ses voyages humanitaires accaparant tout son temps. La veille, l’ivresse de les revoir l’avait obligé à passer une nuit blanche dans sa cabine, se torturant à l’idée d’affronter son père qui n’avait jamais accepté son rêve de voyager à l’autre bout du monde alors qu’elle n’était âgée que de dix-huit ans. Ce souvenir vint plisser ses traits dans une inquiétude profonde tandis qu’un vent doux venait fouetter ses cheveux comme une main rassurante.
 
Elle sursauta quand le navire fit entendre sa présence et que l’écho du bruit rebondit dans le mince brouillard. Les quais étaient maintenant visibles et son cœur fit un bond majestueux lorsqu’elle vit, drapée de manteaux jaunes, toute sa famille venir l’accueillir à bras ouverts. Un sanglot monta dans sa gorge pulvérisée par l’émotion et elle dû se retenir maladroitement à sa grosse valise collée contre ses jambes. Au fond de son cœur, la jeune femme baignait dans une allégresse d’amour et de paix qui s’écoulait d’elle par un mirifique sourire. Lorsque le bateau vint accoster contre les premiers quais, elle dû se faire violence pour ne pas se jeter à l’extérieur telle une furie.
 
Les quelques marches descendues, elle resta droite comme un piquet, les yeux fixés vers sa famille. Les larmes ruisselaient contre ses joues humides tandis qu’elle attendait toujours un signe amical venant de leur part avant de se jeter dans leurs bras. Quelqu’un la poussa au passage, ce qui lui value quelques jurons à peine soufflés. Néanmoins, elle ne bougea pas de sa position et attendait encore le moment propice, sa main tremblant sous le poids de sa vieille valise dénudée. Son regard croisa les yeux de son père et les larmes redoublèrent quand un sourire timide fit son apparition entre ses rides marquant sa vieillesse. Ce fut le signal et oubliant sa valise où elle l’avait posé, la demoiselle se mit à courir en poussant des rires euphoriques qui la fit retourner quelques années en arrière. À la grande surprise des étrangers qui assistaient à la scène, elle se jeta dans les bras de ses parents, pleurant et riant à la fois en même temps, ceux-ci s’émerveillant de sa nouvelle beauté naturelle. Entourée de son ascendance, la jeune femme se sentait revivre et en oublia toutes ses inquiétudes, ses peurs et ses peines. Enfin, elle était chez-elle. Les remords qu’elle traînait depuis son départ avaient complètement disparu, ne laissant qu’un amer souvenir engloutit par le passé. Elle renaissait une nouvelle fois, dans la chaleur fortifiante de sa famille.


Écris par Fanny Mathieu ( 2009 )

mardi 19 octobre 2010

La première neige

Après avoir goûté à la première neige hier, j'ai eu l'inspiration d'écrire un court
texte sur ce sublime cadeau de la nature. Moi-même enivrée, je n'ai
pas pu m'empêcher d'aller jeter un coup d'oeil dehors pour voir cette
danse resplendissante bénir cette journée d'automne.



La première neige



Elle tombait doucement, dans une lente chute enivrée de blancheur. Au-delà des nuages grisâtres, le froid tourbillonnait avec les flocons dans une danse étincelante qui embellissait le paysage campagnard. Teintée de fraîcheur, elle descendait en flots élégants sur l’herbe jaunis et les feuilles craquantes de rougeur. Les toits du hameau, les parterres, les balcons, les forêts, tout étaient habillés d’un manteau poudreux, celle de la première neige qui secouait l’automne. Elle apportait avec elle des odeurs hivernales et renversait les passants abasourdis par cette sublime révélation qui les réveillaient de leur profonde mélancolie. Or, tel un arc-en-ciel défiant l’horizon, elle sera disparue comme par magie au matin, ne laissant qu’un ultime souvenir. Il en sera ainsi jusqu’à l’hiver avant qu’elle ne s’installe pour de bon sur nos terrains jusqu’à l’apparition des premières pousses.
 
En attendant, chaque personne, chaque enfant se régalait de ce cadeau miraculeux en s’entassant dans leur vieux manteau, leur tête coiffée d’un bonnet terne et leur nez ravagé par le rhume emmitouflé sous une écharpe étouffante. Les plus jeunes, le nez en l’air, sortaient la langue pour goûter les doux flocons tandis que les adultes contemplaient le spectacle glorifiant avec un sourire radieux. D’autres, réchauffés par la chaleur sécuritaire de leur maisonnée, collaient leur visage à la fenêtre pour regarder cette danse enneigée qui, d’heure en heure, ralentissait son rythme pour ne laisser qu’à la fin un monde blanc aux humains noyés d’un bonheur sain. Celui de la première neige, cette tendre dame qui vient frapper à nos portes au moment où l’on s’y attend le moins.
 
Et elle continue sa visite à chaque année, n’oubliant jamais nos cœurs mélancoliques qui n’attendent qu’une première danse de sa part…



Fanny Mathieu ( 2009 )




Serguéï Andréïévitch Toutounov ( 1925-1998 )
toutounov.fr

lundi 18 octobre 2010

Le vagabond

Je vous offre un petit texte de mon cru que j'ai composé
cette semaine, après un moment d'inspiration.



Le vagabond



Entre mers et vallées
Hameaux et villages fortifiés
Errant en toute impunité
Le cœur libre de rêver
Ses yeux contemplaient le monde échevelé
Qui défilait au gré de ses voyages improvisés
Tandis que, fier, il chassait la réalité
D’un sourire émerveillé
 
Seul dans l’ombre des chemins
Jeune vagabond des griffes du destin
Il savourait le libre festin
D’être un joyeux clandestin
Rusé et mesquin
Sans nourriture, ni fifrelin
Combattant toujours la faim
Il déjouait tous les fantassins
 
Mais, ô malheur !
Vaincu par les assauts de ses ardeurs
S’envola alors son bonheur
Dans les cris de son coeur
Faiblissant d’heures en heures
La mort, vainqueur
Se faufila dans sa douleur
Pour lui murmurer en douceur :
 
« Fini ta vie de bandit
Tu rentres au paradis
Tu t’es noyé dans ta survie
Et mort dans ta solitude infinie
Là n’est pas la vraie vie
Ce n’est qu’une triste maladie
Le destin t’a asservi
Il est l’heure que tu grandis
 
Le bonheur, ce sont les gens
Non les chemins du temps
Tu n’as connu que la pluie et le vent
Là-haut, tu connaîtras milles habitants
Joie et paix t’attend
Tu dois dire adieu à ta vie d’antan
Rend tes armes, combattant
Souffle ton âme d’enfant »

Le regard fermé
Son dernier souffle expiré
Il se laissa bercer
Par le chant des divinités
Aveuglé par un éclat argenté
Il vit milles visages de bonté
Milles habitants enjoués
Qui accueillir le vagabond libéré


Fanny Mathieu ( 2009 )



Tableau de Alexandre-Gabriel Decamps

L'harmonie d'une retrouvaille

L'harmonie d'une retrouvaille



Les notes dansaient doucement sous ses doigts écartelés, dans les filaments de l'aurore qui passaient à travers les vitres colorées de l'église. Les yeux fermés, ses mains jouaient la cadence au rythme de la mélodie et lorsque une mauvaise note secouait la salle silencieuse, elle reprenait doucement le morceau sans broncher. Son talent exceptionnel ravissait les gens du village qui n'avaient jamais vu une beauté angélique jouée avec une telle perfection, comme si sa vie comblée d'honneur en dépendait. Or, malgré toute cette attention, elle aimait se réfugier dans cette église contemporaine pour y jouer cette chanson bouleversante, témoin de son drame. Lorsque ses doigts blancs glissaient sur les dents du piano, elle se sentait en parfaite union avec la musique et ne se réveillait de cette léthargie qu'au crépuscule. C'était son jardin secret puisque cette chanson tant jouée par ses mains renfermait un passé lourd que personne n'aurait supporté de transporter sur ses épaules.

Tandis que la musique se répandait entre les murs clos de l'église, les portes s'ouvrirent sur une jeune femme au teint blanchis par le froid. Elle se laissa glisser timidement dans l'allée, pour ensuite se poser sur l'un des sièges, contemplant la femme pianiste avec ravissement. Celle-ci continuait de faire danser les touches sans être offusquée par cette présence impromptue. La jeune dame, face à cette mélodie sublime qui lui rappelait ses souvenirs, essuya quelques larmes avant de se recueillir sur une prière tremblante.

Lorsque la pianiste sentit des pas lents se rapprocher de sa bulle musicale, elle ouvrit les yeux avec agacement en ralentissant la cadence des notes. Mais son coeur se bouscula face à ce regard larmoyant d'un bleu tendre et cette peau divinement pâle. Pendant quelques secondes, les mauvaises notes jaillirent du piano, mais elle se ressaisit en baissant les yeux. À sa grande surprise, la jeune intrue vint prendre une place sur le banc pour poser ses doigts d'adolescentes sur les touches du piano. Les deux femmes se regardèrent timidement, chacune savourant ce moment émouvant. Puis, l'étrangère fit danser doucement les touches au même rythme que la pianiste, donnant à la mélodie un sens nouveau et plus pur que l'ancienne. Ce tableau parfait renfermait les élans du passé, mais aussi l'éclat d'une retrouvaille entre deux femmes uniques aux physiques quasiment similaires. À travers cette harmonie céleste se cachait le passé d'une famille anéantis par une tuerie militaire qui avait saccagé la vie de deux personnes. Elle recelait aussi l'apparition d'un miracle, celle d'une mère et sa fille qui se retrouvent sous le flambeau musical d'une chanson.



Fanny Mathieu ( 2009 )



Source : paroles-chanson.org

dimanche 17 octobre 2010

Le vrai bonheur

Le vai bonheur



La fillette regarda les grenouilles sautées dans l'eau du lac avec une attention particulière. Elle éclata d'un rire candide tout en tapant des mains. Tout doucement, elle approcha sa petite main de l'animal verdâtre tout en lui murmurant des mots d'encouragement. Penchée au-dessus de l'étang, elle ne se souciait pas de la boue qui se collait tel des sangsues à ses souliers neufs, achetés la veille pour sa journée d'école, ni de l'eau qui venait foncir ses vêtements propres. De légers pétillements apparurent dans ses yeux tandis que son doigt frôlait la peau gluante de la grenouille apeurée. Et lorsque la petite bête se réfugia sous l'eau d'un bond gracieux, elle fit de nouveau éclater sa joie. Mais quand elle entendit les pas de sa mère derrière son dos et vit son ombre apparaître sur la surface impeccable du lac, son visage se rembrunit quelque peu. Au fond d'elle-même, son bonheur disparut comme la grenouille qu'elle avait voulu attraper.

- Charlotte, il faut y aller, sinon tu vas être en retard à l'école.

- Mais maman, je veux rester jouer avec les grenouilles !

- Il n'en ai pas question, Charlotte ! Allez, dans la voiture !

La petite fille perdit son sourire innocent qu'elle arborait il y a un instant. La tête basse, elle suivit sa mère jusqu'à la voiture et s'installa sur le banc arrière sans quitter l'étang du regard. À quoi bon aller à l'école ? À quoi rimait toutes ces matières, toutes ses choses futiles ? Elle s'amusait mieux à l'extérieur, à sautiller avec les grenouilles. Sa mère lui disait souvent qu'elle ne lui voulait que son bonheur, mais comme tous les adultes, elle ne connaissait pas le bonheur qu'elle éprouvait à jouer, imaginer et créer des choses incroyables. Et l'école ne lui procurait aucune joie égale à celle-ci. Elle s'ennuyait à mourir dans ces murs clos, assise pendant des heures, et détestait qu'on la punisse parce qu'elle était malheureuse dans ce monde si cher aux grandes personnes. Quand allaient-ils comprendre le vrai sens du mot " bonheur " ?

Charlotte regarda sa mère par le rétro-viseur avec une moue qui en disait long sur ses pensées. Puis, elle lâcha la phrase qui frémissait dans sa bouche depuis quelques minutes :

- Maman, tu veux plus que tout mon bonheur, c'est ça ?

- Bien sûr, ma chérie, dit-elle en démarrant le moteur.

- Alors s'il te plaît, laisse-moi profiter de ma jeunesse.

Sa mère, troublée par les paroles de sa fille, arrêta son geste dans un élan indécit. Elle soutint le regard de son aînée tandis que la petite, une main sur la poignée, attendait patiemment une réponse quelconque de sa mère. Mais comme celle-ci restait de marbre sans même sourciller, Charlotte ouvrit la porte et se faufila à l'extérieur sans dire un mot. Et juste avant de refermer la portière, elle déclara avec une grande maturité pour ses huit ans :

- Les adultes ont encore beaucoup à apprendre du vrai bonheur qui constitut la vie.

Puis, avec un sourire fugace pour rassurer sa mère, partit en sautillant vers l'étang, ses cheveux dansant dans la douce brise de septembre qui venait embellir la nature à son tour.



Fanny Mathieu ( 2009 )



Source inconnue

La berceuse de l'océan

La berceuse de l'océan



C'est par une nuit étoilée, sous le firmament du ciel, que j'ai connu la plus belle des berceuses. Cette berceuse cristalline n'égalait guère celle que me chantait ma mère lors de mon enfance. Non, elle était beaucoup plus vibrante et mystique qu'une simple voix. C'était le chant pur de l'océan. Une berceuse que je ne connaissais pas avant et que je n'aurais jamais cru connaître. Elle vint à mes oreilles pendant un voyage de plaisance dans les Caraïbes que j'avais décidé d'entreprendre avec quelques copains de l'université. Pour moi, ça n'allait qu'être un séjour tout à fait normal entre les éternelles plages et les bars exotiques. Mais dès que j'ai posé mon regard sur l'horizon de la mer, j'ai sentis une force enivrante m'envahir. J'ai su à l'instant que je devais aller découvrir cette immensité. Mes amis pouvaient bien rire de moi, j'étais décidée à m'aventurer sur cette beauté naturelle. Et c'est ce que je fis la soirée même. Je réserva un bateau de pêche, assez petit pour me permettre de sentir la houle de la mer . L'excitation commença à m'envahir lorsque le pêcheur démarra. Il ne prit que quelques minutes pour s'éloigner du large pour ensuite arrêter le moteur comme je le souhaitais.

Alors, ce fut à ce moment que j'entendis la berceuse de l'océan. Au début, elle fut douce, timide et sans grands artifices, mais au moment où je m'assis sur le bord du bateau, laissant mes pieds plonger dans l'eau glacée, cette mélodie devint sublime et bouleversante. Elle se glissa jusqu'à mon coeur, me procurant des frissons d'extase. Ballotée par des vagues délicates qui donnaient la cadence à la berceuse et le regard rivé sur cette grande étandue illuminée par la pleine lune, je m'adonna à ce moment de pure beauté en souhaitant que ce chant ne se termine jamais. Mais comme toute chose de la vie, il dû prendre fin lorsque le pêcheur, qui s'était retiré dans son étroite cabine, me souffla que nous devions rentrer. J'étais terriblement déçue. Néanmoins, je gardais un sourire paisible. Au fond de mon coeur, j'avais fait un choix. Celui de revenir à chaque été, autant que je le pouvais, sur cette tendre mer pour qu'elle me chante sa berceuse venue de ses tréfonds insondables.



Fanny Mathieu



polynesie-francaise.eu.com

Le vil seigneur

Le vil seigneur



Le soleil se couchait à l'horizon, projetant un chatoiement de couleurs sur les plaines qui bordaient les montagnes du Sud. À l'intérieur de ses vallons, des centaines de tentes aux fanions dorés tapissaient le terrain vallonné. Une frénésie inquiétante régnait dans cet attroupement où des milliers de soldats se préparaient pour une longue conquête. On pouvait entendre les tambours grondés à des lieux à la ronde tel des géants qui faisaient trembler la terre. Parmi ce troupeau d'hommes en armure, un seul restait impassible, le visage tourné vers le Nord. Il savourait déjà sa victoire prochaine, se délectant à l'avance des richesses qu'il allait amasser en plus du pouvoir que cette guerre lui procurerait. Le reste lui importait peu.

Son cheval d'un blanc poudreux frappa impatiemment le sol rigide avec son sabot. Sans quitter le paysage du regard, le seigneur fit avancer sa monture. Autour de lui, des centaines de soldats se vêtaient d'habits de guerre avec des gestes nerveux, certains se pratiquant à l'épée pour se réchauffer avant l'assaut qui allait durer de nombreux jours, selon les forces de l'ennemie. Les moins gradés tachaient de défaire les tentes tandis que les apprentis aidaient silencieusement leur maître à se vêtir, une terreur profonde leur nouant l'estomac. Cette vision ne toucha à peine le coeur froid du seigneur même s'il savait que plusieurs de ses hommes périront sous les armes ensanglantées de leurs attaquants. Pour lui, ils n'étaient que des pions servant à l'aider dans sa conquête du pouvoir. De toute manière, il ne connaissait même pas la moitié d'entre eux, alors qu'ils meurent ou qu'ils vivent, le vil seigneur ne s'en souciait guère.

Lorsqu'il atteignit les limites du camp, le roi sortit de sa léthargie et porta sa main vers son fourreau pendant que le cor sonnait le départ. Un silence pesant flotta au-dessus de l'armée, enfin prête pour le combat. Même les oiseaux s'étaient tus et au grand dam des soldats, une pluie fine s'était mise à tomber sur leurs têtes. Sans en faire de cas, le seigneur tira l'épée de son habitacle, dévoilant une arme robuste dont la pointe avait été taillée par les meilleurs artisans du pays afin qu'elle soit assez tranchante pour couper un arbre sans difficulté. Elle faisait la fierté de son maître qui la maniait avec une force inouïe. Et c'est avec cette pensée pour le moins égoïste qu'il la fit monter jusqu'au ciel, son bras droit comme un poteau la soulevant sans le moindre effort. Aussitôt, des cris de guerres jaillirent de partout et s'élevèrent vers les nuages en un chant sordide qui fit frémirent les plus jeunes, déjà terrassés de peur à l'idée de participer à leur première guerre. C'est lorsque les chevaux partirent au galop que le seigneur sentit naître en lui le souffle de la guerre, une force profonde venue d'outre-tombe qui se logeait dans les recoins les plus sombres de son esprit déjà étouffé par la noirceur.



Fanny Mathieu ( 2009 )

Les voyous de la liberté

Les voyous de la liberté



Nous courions à en perdre l'haleine à travers une dédalle de rues bondées de paysans aux visages ravagés par la fatigue. Malgré les gardes à nos trousses, nous étions enivrés d'un bonheur sain que nous affichions par de grands éclats de rire. Et ce, même si nous étions vêtus de haillons délabrés et que nos pieds récoltaient tous les désavantages de nos courses enflammées. Des voyous. Oui, nous étions d'habiles voyous qui ne s'acharnaient pas à vivre sous le joug des puissants supérieurs. Au contraire du peuple, nous étions totalement libres, sans lois pour nous gouverner et nous rendre aussi bêtes que des moutons. La vraie liberté, ce que les paysans en quête d'un bonheur perpétuel ne connaissaient pas. Outre les vols que nous devions commettre pour assurer notre survie et les désagréments qui s'ensuivaient, nous n'étions ni des méchants, ni des bâtards, comme les religieuses nous surnommaient. Non, seulement des enfants libres qui ne voulaient que profiter de leur jeunesse tant refoulée par les adultes.

Oui, nous étions des voyous de la liberté et la prochaine génération de rebelles, ceux qui osaient sortir de leur cage pour affronter les soi-disant supérieurs dont le pouvoir s'étendait sur toutes les terres. Dans notre coeur, nous étions des rebelles qui voulaient seulement être libres comme le sont les oiseaux. Mais dans le regard des gens, nous étions des anarchistes, voir même des terroristes. Et pourtant, ce n'était pas nous qui tenaient le rôle des méchants... Non, nous nous étions que de simples voyous.



Fanny Mathieu ( 2009 )



poussiereetoile.unblog.fr

La première valse

La première valse



Les yeux braqués vers la foule, ses mains moites frôlant l'étoffe de sa robe, elle descendait doucement l'escalier scintillant de décorations médiévales. Quelques rougeurs apparurent sur la peau pâle de son visage tandis que les étudiants la couvaient du regard en se pavanant dans leurs habits d'autrefois. Certains poussaient des exclamations d'admiration face à cette beauté surnaturelle qui ne ressemblait guère à la fille introvertie de leur classe. D'autres, rongés par la jalousie, arboraient une moue hautaine ou détournaient le regard en feignant l'indifférence.

Pour une fois dans sa vie, la jeune étudiante se sentait, malgré quelques élans de nervosité, belle et en pleine confiance dans sa robe cotardie dont la couleur émeraude étincelait sous les lumières chatoyantes de la grande salle. Hormis le corset qui lui enserrait un peu trop la poitrine, la jeune fille était parfaitement à l'aise et ce, même si tous les regards étaient tournés vers elle. Ses cheveux soyeux d'un blond exquis ramenés en un chignon élégant découvrait pour la première fois son visage radieux légèrement maquillé et ses yeux en amandes d'un bleu intense où brillait quelques éclats de bonheur.

Mais au plus profond d'elle-même, cette soudaine attention lui importait peu. En effet, elle ne cessait de scruter la foule à la recherche d'une personne, d'un seul visage, le plus précieux à son coeur. Et tandis que ses pieds chaussés de souliers sombres glissaient sur la dernière marche, ses yeux croisèrent son regard lumineux et pénétrant, aussi mystérieux que l'océan. Il se tenait là, devant elle, sa paume tendu vers l'avant en quête d'une main féminine qui n'était nulle autre que la sienne. Le coeur battant, la jeune fille accepta l'offre en déposant sa délicate main dans celui de son cavalier, chaude et protectrice comme elle l'aimait. Leur regard unis, ils se dirigèrent d'une démarche feutrée vers le centre de la salle, oubliant totalement l'agitation autour de leur bulle. Et c'est dans un silence imprégné d'un amour réciproque et profond qu'ils dansèrent leur première valse, célébrant à la fois la fin de leurs études et la naissance de leur amour.



Fanny Mathieu ( 2009 )



L'homme et la louve

L'homme et la louve



Les arbres tanguaient doucement sous le poids de la neige tandis qu'une légère brise faisait balancer les flocons dans un amas poudreux. Au loin, de jeunes loups se disputaient une carcasse vieille de plusieurs jours sous l'oeil attentif de leur mère. Repue, celle-ci veillait sur ses petits, les oreilles aux aguets, sachant que les hommes habitaient tout près. Du coin de la langue, elle lécha un bout de neige tout en jetant un regard rapide sur sa troupe. Soudain, un craquement brisa le silence hivernal. Alarmée, les babines retroussées, elle se mit en position d'attaque alors qu'un homme pointait son fusil dans sa direction. La louve lança un glapissement bref à l'intention de ses louveteaux qui continuaient à déguster avec insouciance. Elle reposa son regard vers le jeune chasseur sans perdre son expression enragée. Les deux bêtes se regardèrent longuement, chacun attendant la réaction de l'autre. Fatiguée de cette attente interminable et pressée d'en finir avec lui, la louve avança d'un pas en guettant la réaction de l'homme. Il ne fit rien. Elle avança d'un autre pas. Cette fois-ci, il baissa son fusil et pointa son regard vert dans les siens, un sourire sur le coin des lèvres. En son fort intérieur, la louve ne comprit pas ce soudain mouvement inhabituel. Elle n'avait jamais observé cette réaction chez les hommes depuis des années. C'étaient des bêtes à tuer. Pourquoi baissait-il sa garde ? Cela dit, le jeune chasseur recula de quelques pas, l'arme toujours baissé. La louve se détendit, mais continua de le couver du regard. Puis, après de nombreuses minutes, la mère retourna à son poste en jetant un dernier coup d'oeil vers cet étrange homme. Celui-ci fit une drôle de révérence et s'éloigna en sifflant gaiement d'une démarche confiante. Sans savoir pourquoi ce chasseur lui laissait la vie sauve, la louve retourna à ses occupations. Au moins, ils étaient sains et saufs.


Fanny Mathieu ( 2009 )


loup-ours-berger.org

samedi 16 octobre 2010

Dans la mort

Dans la mort



Quelle sensation étrange... et sublime à la fois. Comme si je tangue entre le monde réel et un sombre trou noir. Ma vision se trouble et s'éclaircit de même que mon coeur qui ne cesse de perdre des battements. Le plus étrange est que je n'ai aucune peur. Seul une paix immense m'habite tandis que mes oreilles défectueuses captent des sanglots et des murmures éloignés. Impossible de dire ce qui va m'arriver. Tout ce que je sais c'est que je glisse doucement entre les mains de la mort, vers un endroit qui m'est encore inconnu. Je ne ressens plus rien, ni même le doux contact de la paume de mon mari. En fait, je trouve que l'air est chaude, non pas étouffante, mais chaleureuse. Je vois même une délicieuse lumière à travers mes yeux à demi-fermés. Allez savoir si c'est l'éclairage de la salle d'urgence, tout ce dont je suis certaine c'est que grâce à elle, je me sens vibrer et décoller hors de mon corps. La sensation est la même que lorsque nous nous endormons. Nous plongeons dans les ténèbres et nous nous réveillons au matin, quelques secondes plus tard. Sauf que cette fois-ci, je ne me réveille pas au côté de mon mari et je n'entends ni le tic-tac de l'horloge ni le rire de mes enfants. Au contraire, je flotte à travers une intense lueur peu aveuglante et j'explose de chaleur et d'amour. Et l'expression est bien appropriée puisque je me sens comme une boule de lumière. Le plus drôle dans tout ça c'est que j'en suis une. Je n'ai plus mon enveloppe corporelle, je suis seulement une belle et merveilleuse aura enflammée. Et je me dirige tout droit vers des visages qui me semblent familiers. Soudain, je les reconnais et une autre fusion de chaleur m'envahit. Mes grands-parents, mon père, mon amie Karine et même mon chien m'attendent dans cette lumière avec un sourire éclatant. Cependant, quelques secondes avant de m'embarquer avec eux pour un nouveau voyage, j'ai une pensée pour ma famille. Qu'allait devenir mon mari sans moi ? Et mon fils aîné qui allait être bientôt père d'un adorable bébé ? Et j'oublie ma fille cadette. Elle n'a que sept ans... comment allait-elle réussir à vivre une vie normale sans une mère à ses côtés ? Mais une paix m'envahit aussitôt. Je n'ai pas d'inquiétude à me faire. Même là-haut, je veillerai sur eux à chaque instant. Et un jour, nous serons tous réunis à nouveau... et resterons ensemble éternellement.



Fanny Mathieu ( 2009 )



andrebio.com

Chaos

Chaos



J'étais piégée dans la noirceur. Les orages fulminaient au-dessus de moi, grondant de rage, et les pics ascérés crevant les cieux me dominaient de leur hauteur. Nageant dans une eau tulmutueuse et profonde, j'essayais d'atteindre le bord, malgré son aspect morbide avec ses arbres crochus. Parce que je savais que ce paysage sinistre était surréaliste, inventé par une peur qui grandissait en moi. Atteindre le bord, dominer ma peur, était mon seul but et le seul moyen de la vaincre. Mais cependant, j'étais seule pour le faire. Personne d'autre ne le pouvait, parce que c'était Ma peur.

Mes pieds s'acharnaient à nager contre le courant qui voulait m'éloigner de la réussite. Mes mains poignardées de coupures faisaient de grands gestes pour me garder à la surface. Et moi, je fixais le bord, inquiète de le voir disparaître à jamais de ma vue embrouillée par le froid et le vent. Je sursauta quand un éclair s'échappa du ciel et zébra la nuit de sa teinte rosée. Non. Je ne devais pas être distraite, même par ce temps de chaos.

- Je te vaincrai ! criais-je dans le silence étouffant ponctué du fracas des vagues.


Fanny Mathieu ( 2008 )

L'étalon de la liberté

L'étalon de la liberté



Dieu sauvage des plaines
Qui terrasse la haine
Fais-moi voler sur ton dos
Allons ensemble à eldorado
Ta crinière si pure tremblant sous les vents
Tes sabots défiant les contrées et les champs
Sous les soleils et les lunes éclatants
Ton pelage d'or vaincra tous les firmaments

Dans ton allure puissante et distinguée
Je vois le pays de la liberté
Et dans tes yeux étoilés
Je vois le chatoiement de milliers de contrées
Partons, allons ensemble parcourir les paysages
Sans plus nous soucier des lois qui font rages
Parce que c'est sur ton dos
Que je trouverai réponse à tous mes maux


Fanny Mathieu ( 2009 )


vendredi 15 octobre 2010

Ma vie inestimable

Ma vie inestimable



Filant dans les ombres acharnées
À la conquête de lumières oubliées
Traversant le paradis inachevé
Et l'enfer que j'ai toujours redouté

Souffrant de peine incontrôlable
Ou de joie inébranlable
Crachant ma rage instable
Sans toutefois achevé mon âme inestimable

Malgré ses déboires permanents
Je ne changerai pas de vie pour autant
Même si la mienne finirait son temps
J'aimerais mieux la suivre que de vivre plus longtemps



Fanny Mathieu ( 2008 )

La mer de mes rêves

La mer de mes rêves



Mes pieds touchèrent la chaleur du sable fin. Je me pencha pour y goûter de mes mains, rassemblant mon courage pour arriver à la mer, la terreur de ma vie. Une force étrange me poussait à y plonger et à sentir l’élément qui me tenait vivante depuis ma naissance. Mais pourtant, je ne savais pas pourquoi je faisais ce que me disais cette force puisque je ne savais pas nager et que j’avais très peur de l’eau. Toutefois, l’heure n’était pas à la question. Je devais me dépêcher à combattre le mal qui m’empêchait de profiter de cette océan bleue.

En tournant la tête vers l’arrière, je vis ma famille à mes trousses. Mais ils ne devaient pas me suivre. Je comprenais qu’ils s’inquiétaient de me voir me noyer, mais je devais y aller seule même s’il y avait un risque que la mort m’emporte vers le monde des esprits. Non, non, ils devaient partir.

- Je dois la vaincre, murmurais-je. Je dois l’éloigner de moi. Laissez-moi.

Je me mis à courir, le cœur battant à tout rompre à mesure que le sable devenait mouillé. Comme j’arrivais, je décida de ne pas y aller doucement alors je plongea. L’eau me berça, sa froideur me rafraîchissant la peau. Toutefois, je dus remonter puisque l’eau s’emparait de mes poumons et me faisait suffoquer. Quand je sortis la tête hors de l’eau, les larmes coulèrent sur mes joues. Le soleil se couchant en arrière plan sur la mer était si beau à voir ! Mais le combat n’était pas finit. Je commençais à couler, malgré les mouvements de bras que j’essayais de faire. Soudain, l’image de mon amie entrain de nager me vint à l’esprit. Je me rappela de ses mouvements qu’elle exécutait pour nager. Alors je fis de même. Un sourire apparut sur mes lèvres quand je vis ma réussite. Je me rapprochais de la plage. Pourtant, ma victoire ne dura qu’un instant. Une crampe s’empara de ma jambe et elle ne prit que quelques secondes pour m’emmener jusqu’au fond. Puis, plus rien. Le noir total. J’étais soudainement perdue. La mort était tout près.

Mais grâce à Dieu, une lumière m’aveugla. L’eau jaillit de mon corps et gicla sur le sable qui avait capter mes pensées avant ma noyade. Et ce que je vis était aussi magnifique que la mer. Des yeux bleus pétillants comme celle qui avait faillit m’emporter, des cheveux bruns reflétant le couché du soleil qui m’avait fait pleurer et un sourire, un sourire magique qui me fit chavirer pour la première fois de ma vie. Comment pourrais-je remercier Dieu pour ce cadeau en plus d’une vie ?

- Mer…merci, dis-je en reconnaissance pour cet homme, mon sauveur, la mer de mes rêves.


Fanny Mathieu ( 2008 )