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samedi 20 novembre 2010

Les confessions d'une accro du shopping de Sophie Kinsella

Les confessions d'une accro du shopping




Titre original : The secret dreamworld of a shopaholic
Éditions : Pocket
Année : 2006
Pages : 372
Catégorie : Chicklit
Extrait : C'est horrible. À quoi sert de découvrir une nouvelle boutique si on ne peut rien y acheter ? Autour de moi, tout le monde fait des emplettes, tout le monde s'amuse. Abattue, je rôde près d'un étalage de tasses, observant une Australienne prendre une pile de livres sur la sculpture. Elle bavarde avec le vendeur et soudain, je l'entends dire quelque chose au sujet de Noël. Et là, j'ai un éclair de pur génie. p. 122.

Résumé 

Votre job vous ennuie à mourir ? Vos amours laissent à désirer ? Rien de tel qu'un peu de shopping pour se remonter le moral... C'est en tout cas la devise de Becky Bloomwood, une jolie Londonienne de vingt-cinq ans. Armée de ses cartes de crédit, la vie lui semble tout simplement magique ! Chaussures, accessoires, maquillage ou fringues sublimes... rien ne peut contenir sa fièvre acheteuse, pas même son effrayant découvert. Un comble, pour une journaliste financière qui conseille ses lecteurs en matière de budget ! Jusqu'au jour où, décidée à séduire Luke Brandon, un jeune et brillant businessman, Becky s'efforce de s'amender, un peu aidée, il est vrai, par son banquier, qui vient de bloquer ses comptes... Mais pourra-t-elle résister longtemps au vertige de l'achat et à l'appel vibrant des soldes ?

Source : livre.fnac.com


Mon avis

Qui aurait cru qu’un jour, je lirais un tel roman ? Je ne suis pas une fanatique de chicklit : à vrai dire, c’est tout le contraire ! Étant donné que je suis une jeune femme qui ne supporte ni maquillage, ni mode, bref, tout ce qui est exagérément féminin à mes yeux, vous vous doutez de ma réaction lorsque j’ai su que nous devions lire ce roman dans le cadre d’un cours. Au final, ce ne fut pas si terrible que je ne l’aurais cru. Or, attention aux conclusions hâtives ! Je n’ai pas dis que j’ai aimé ce livre pour autant ; mais plutôt que l’humour a été assez généreux pour que l’ennui ne prenne pas toute la place sur le podium. Ce fut plutôt un mélange entre le divertissement, fruit des évènements truculents du personnage, et la fastidiosité d’une intrigue creuse doublée de stéréotypes appartenant au roman à l’eau de rose moderne. La surconsommation féminine bouillonne au cours de ces trois cent pages et je suis certaine que de nombreuses femmes, surtout en Amérique, ont retrouvé leur folie de la mode à travers Becky. Et encore ! comment égaler une telle «  accro du shopping » ?

Car en effet, Becky est un personnage unique en son genre, bien qu’elle incarne le stéréotype féminin de la machine américaine. Sa passion aliénée pour les vêtements où se cache également une addiction à dépenser l’entraîne dans quelques mésaventures qui font le charme des américains. Et ces vicissitudes ne sont que le fruit de son irresponsabilité, lequel se teinte d’exagération afin de titiller le rire chez son lecteur. Personnellement, ce ne fut point le cas pour moi, mais je dois avouer avoir souri à l’occasion. Les lettres venant de son banquier viennent soutenir son amour de la dépense et par le fait même, engendrent les aventures fantasques de Becky puisqu’elle essaie de trouver une façon toute spécifique de payer ses dettes. Cependant, son irresponsabilité mélangée à sa personnalité excentrique amène quelques difficultés dans l’atteinte de son but. D’autre part, sa relation en contre-point avec Luke Brandon s’ajoute à ses embûches et pimente davantage ses mésaventures déjà hautes en couleur. Par contre, je trouve que cette relation n’est pas assez mise en évidence pour que l’on puisse considérer ce récit comme un roman à l’eau de rose.

En un mot, c’est une recette littéraire qui n’apporte qu’un léger plaisir et ce, en un court laps de temps. Hormis la pincée d’humour qui entoure la vie de Becky, je fus lassée du récit rapidement puisque le thème ne m’accrochait nullement et l’intrigue me paraissait médiocre au point où j’étais bien heureuse de terminer cette lecture. L’écriture est conforme à ce genre de récit et donc, n’a su me captiver. Je ne suis pas surprise de ma déception, car ce roman est davantage dédié à un vaste public, c’est pourquoi la légèreté est exploitée de façon à ce qu’un grand nombre de gens puisse le lire sans difficulté apparente. Et puisque j’ai une prédilection pour les histoires centrées sur une intrigue complexe et une plume qui se détache des autres, je ne pouvais que me sentir déçue. Ainsi, à vous de savoir si ce genre de roman vous plaira ou non !


samedi 23 octobre 2010

L'enfant de tous les silences de Kim Edwards

L'enfant de tous les silences






Éditions : Belfond
Traduction : Évelyne Jouve
Année : 2009
Pages : 536
Catégorie : Drames
Âge : Dès 12 ans 

Résumé

1964. Une terrible tempête de neige paralyse le Kentucky. Le docteur David Henry n'a pas le choix : il doit accoucher lui-même sa jeune épouse, Norah. Vient d'abord un magnifique garçon et une petite fille... trisomique.
En un instant, David, persuadé d'agir pour le mieux, va prendre une décision tragique : il confie la petite à Caroline, son infirmière, qui doit la mener dans une institution spécialisée. À Norah, il annonce que le bébé n'a pas survécu.
Mais Caroline choisit de sauver la petite et de l'élever comme sa propre fille…

Des années plus tard, la vérité sur cet enfant de tous les silences ressurgit et avec elle des conséquences dramatiques sur la famille déchirée…  

Source : livre.fnac.com

 

Mon avis ( septembre 2010 )

 

 J’étais étonnée, après ma lecture, de lire que ce roman a été un best-seller aux États-Unis. Personnellement, je ne trouve pas qu’il se démarque de la plupart des livres, du moins, pas assez pour être catégorisé de cette façon. En ouvrant ce bouquin, je m’attendais à vivre une expérience profonde, davantage axée sur la trisomie de l’enfant. Ayant une adorable sœur avec un handicap mental ( pas trisomique, cependant ), je sentais que ce récit allait me bouleverser d’une quelconque manière puisque connaissant cet univers singulier entourant les personnes handicapées. Or, ce ne fut pas le cas au niveau émotionnel, une déception en soi, mais cela ne m’a pas empêchée de passer un bon moment de lecture.

 L’histoire 


Dès le départ, le cadre de l’histoire prend rapidement une tournure qui se distingue d’avance. La nuit froide, le paysage enneigé, la frénésie de l’accouchement, tous ces signes nous font sentir l’approche d’un moment décisif pour la vie du couple. En effet, ce qui était craint fut arrivé : la naissance d’un enfant mongolien, désormais appelé trisomie. Mais les choix que nous faisons ont toujours leurs lots de difficultés. Il en fut de même pour David qui donna l’enfant à l’infirmière, chamboulant ainsi les années à venir, comme quoi une légère brise peut provoquer d’immenses ondulations sur l’eau. Il va en découler de nombreux secrets, des dualités constantes et les membres de cette famille, incluant Paul ( le jumeau de l’enfant ) vont vivre différemment ce profond creusé résultant de ce choix basé sur la peur de l’avenir. Le début promettait un récit bouleversant. Malheureusement, je n’ai point été touchée, je n’ai ressenti aucune émotion, comme si je regardais à travers un miroir avec indifférence. Non pas parce que ce ne sont pas des situations qui me perturbent, mais tout simplement parce que l’auteur n’a pas réussi à m’embarquer dans son récit comme je l’espérais. Néanmoins, hormis certaines longueurs évidentes et l’évolution de l’intrigue qui m’a laissé sur ma faim, le récit reste captivant et réaliste.  

       Personnages                              

Les membres de cette famille terrassée par un drame silencieux vivent difficilement le choix de David, bien qu’ils ne connaissent pas la vérité sur l’enfant. Norah, femme calme aux abords, subit intérieurement un deuil qui la change progressivement et qui sera le géniteur de sa nouvelle hardiesse. La perte de son deuxième enfant est pour elle un chagrin incommensurable et étrangement, on dirait que son inconscient connaît la vérité, car elle dit elle-même avoir l’impression de sentir sa présence partout, ce qui n’est pas complètement faux. Malheureusement, ce trou dans ce cœur l’éloignera de David, tandis que lui, trouvera refuge dans la photographie. Homme tenace, sacrifiant ses heures pour s’occuper de ses patients, il ne veut pas admettre que ce mensonge le ronge et qu’il cherche une issue bénéfique à travers sa passion pour la photographie. Paul, le jumeau en santé, comme tout enfant sentant le faussé entre ses parents et le poids du secret, le vivra très mal à l’adolescence, délivrant ses humeurs à travers la musique. En ce qui est de Phoebe, l’enfant trisomique, elle est le protagoniste dont le bonheur est perpétuel, notamment parce que celle-ci porte toujours l’innocence et la joie de vivre en elle. Sa mère, Catherine ( l’infirmière ), devra se battre pour sa fille adoptive au sein des institutions et aura toujours cette crainte que son vrai père lui ravisse sa protégée. À travers ces deux familles liées par une nuit enneigée et une enfant, on fait face à la diversité psychologique de ces membres. Je n’ai pas su m’attacher à aucun d’eux, mais je me suis intéressée à les voir évoluer sous une facette différente puisque chaque personne n’emprunte pas un chemin similaire pour atteindre l’arrivée.  Écriture Je n’ai pas grand chose à écrire sur la plume de l’auteur, car je l’ai trouvé traditionnelle à la littérature populaire, sans y trouver une particularité qui la démarque. Cela ne veut pas dire qu’elle n’a aucun talent, loin de là, mais plutôt qu’elle n’a pas un petit quelque chose de plus que les autres écrivains. Je pense que c’est l’une des raisons pourquoi je n’ai pas été touchée par le roman : parce que l’écriture n’a pas su me transpercer et atteindre mon niveau émotionnel.  

Conclusion 

En bref, ce fut un agréable moment de lecture qui m’a dépeint deux familles vers qui nous avons juste l’envie de tendre la main. Un tableau qui nous fait comprendre combien l’handicap d’un enfant est difficile à vivre pour certains, mais qu’il protège également celui-ci de la dure réalité du quotidien. Merci aux éditions Livre de Poche pour ce partenariat !

vendredi 22 octobre 2010

Sorcière ( tome 1 ) de Cate Tiernan

Sorcière : Le livre des ombres ( tome 1 )



 Coup de coeur !



Éditions : Ada
Traduction : Lyse Deschamps
Année : 2010
Pages : 322
Catégorie : Romans fantastiques
Âge : Dès 10 ans 

Résumé 

Il se passe quelque chose en moi que je ne comprends pas. Je vois, je sens les choses différemment. J'accomplis des choses dont les gens normaux sont incapables. Des choses puissantes, des choses magiques. Ça me fait peur. Je n'ai jamais choisi d'étudier la sorcellerie. Par contre, je commence à me demander si la sorcellerie ne m'aurait pas choisi.

Source : renaud-bray.com

 

 

Citation

« Je lui ai parlé de ce sixième sens que je venais de découvrir ; un phénomène que je n'expliquais pas et qui avait commencé après la soirée de samedi. Je lui ai tout raconté sans reprendre mon souffle une seule fois : que j'avais eu la nausée dimanche, que j'avais vu des animaux autour de Paula, que j'avais su pour la pomme de Cal et pour l'accident de M. Herndon. Je lui ai également rappelé le coup de fil de Mme Fiorello. »

 

 

 Mon avis ( septembre 2010 )

 
Quel plaisir de renouer avec une série qui avait fait battre mon cœur lorsque j’étais plus jeune ! Ayant changé de titre et d’édition, je ne m’étais pas doutée d’avoir acheté un trésor de jeunesse, bien que j’aie eu une impression de connaître son contenu. Et ce fut le cas quand j’ai succombé à la curiosité et tourné quelques pages avant que les souvenirs affluent dans mon esprit. N’est-ce pas là un bon début pour commencer une lecture ? En effet, car j’y ai plongé avec une intensité que je mets rarement lorsque je plonge dans un roman jeunesse ( ce n’est pas mon genre de prédilection ) et cette sucrerie inégalée a rempli mon amour littéraire d’un doux moment. J’avais le sentiment de creuser jusqu’à mes racines, car c’est en partie l’une des séries qui m’a fait connaître définitivement l’univers ésotérique afin que j’y puise ma spiritualité et ma philosophie. Je ne m’étalerai pas là-dessus, mais il était important que je note ce détail.

 L’histoire 

L’univers de la sorcellerie a toujours su créer chez-moi un émerveillement qui me pousse à être captivée par tous les récits touchant de près ou de loin cette sphère du genre fantastique. Bien que la structure dénuée de rebondissements et de saveurs montrent une simplicité typique de son statut ( il ne faut pas décourager les jeunes, voyons ! ), l’histoire reste dans son ensemble assez intéressante pour les bibliophages de hauts niveaux et doublement envoûtante pour les lecteurs visés. Seulement, l’histoire pourrait atteindre un paroxysme plus surprenant et mettre davantage d’emphase sur la Wicca, qui n’est pas assez approfondi, ainsi que sur l’intrigue qui a souvent une tonalité neutre. Mais ces petits points péjoratifs n’ont affecté en rien ma satisfaction. Ainsi, au fil des pages, nous suivons une jeune fille portant le statut de la normalité découvrir les facettes mystérieuses de la religion païenne si impérieusement interdit par ses parents à cause de leur catholicisme. Cette découverte, elle le partage avec d’autres élèves qui ont pour guide un jeune homme au charme irrésistible. Cependant, à mesure qu’elle s’entiche de cette spiritualité polythéiste, des changements surviennent en elle et attirent l’attention de leur guide Cal. Se mélange ainsi le monde urbain des adolescents avec ses stéréotypes si bien définis et celui d’un domaine qui attire bien des frayeurs à ceux qui ne la connaissent pas. Un grand point positif que je dénote sont les passages des réunions que j’ai adorées lire : les cercles ésotériques formés dans une atmosphère surréelle, entre la réalité et une dimension plus haute. Tout à fait magique ! De même, les fragments de journaux ( livre d’ombres pour les sorciers ) et d’ouvrages en début de chapitre ajoutent une aura d’originalité au roman, déjà basé sur un sujet peu exploité au niveau religieux.

 Personnages 

Encore une fois, difficile de décrire les protagonistes, car la surface de leur personnalité, comme dans la plupart des livres jeunesse, empêche une analyse profonde. Il y a d’abord Morgan, cette adolescente au caractère doux mais hardie et catégorisée comme normale au sein de son école. L’auteur aurait pu trouver un nom moins… commun à l’égard du sujet abordé, mais il ne faut pas en vouloir à ce manque d’imagination. Un peu complexée par son physique insignifiant sans pour autant en être obsédée, les nouveaux changements dus aux cercles nouvellement formés par un étudiant étranger à leur école lui apporteront quelque chose qu’elle ne cherchait pas encore : une unicité, un but, une passion. Cette découverte primordiale pour la gradation de sa personnalité lui apportera autant sur le plan spirituel, moral et même sur ses origines douteuses. Toutefois, cela provoquera une hausse de colère chez ses parents et elle devra continuer son but dans une solitude secrète. Il en sera de même auprès de ses amis, car il y aura quelques discordances, notamment avec sa meilleure amie, Bree, qui a un caractère plus trempé et intense que Morgan. De façon sûre, Bree a toujours obtenu ce qu’elle voulait tout en étant sous les projecteurs : les nouveaux changements de Morgan et l’attitude de Cal à l’endroit de son amie fera bouillir son ego déjà bien affûté. Et Cal, ce fameux jeune homme, difficile de cerner un tel personnage qui dégage un charisme que l’on trouve rarement chez un adolescent de son âge. Sa maturité, sa beauté magique, son sens du leadership et sa mysticité a fait de lui un guide pour les quelques jeunes devenus ses disciples et un briseur de cœur, par le fait même. Sorcier né, il porte beaucoup d’intérêt pour Morgan, ce qui se trouve être réciproque, et le cercle qu’il a créé est pour lui une grande fierté personnelle. En somme, même si on s’attache facilement aux protagonistes ( comment résister à Cal ? ), le récit manque de mûrissement dans les émotions et pourtant, c’est un point fondamental pour pouvoir se fondre aux héros.

 Écriture 

Si on exclue la simplicité du vocabulaire qui n’offre pas une large vision de l’écriture de l’auteure, le rythme constant n’offrant aucune croissance, l’écriture reste tout de même attrayante pour le lecteur et on ne peut pas dire qu’elle n’apporte aucune douceur parfumée de jeunesse. D’autre part, le niveau de langue renvoie au contexte moderne de l’histoire et il est important de le noter comme un point mélioratif et non supposément le contraire. En bref, on revient tout simplement à l’âge de l’agrément pur et simple !

 Conclusion 

Quoique j’aie relevé plusieurs côtés péjoratifs dans le roman, ce fut tout simplement un coup de cœur pour le sujet, un coup de cœur pour le charme ésotérique, un coup de cœur pour le romantisme, lequel j'ovationne. Je renouais avec les racines de ma philosophie ainsi qu’avec ma jeunesse tout en passant un merveilleux moment de plaisir sans raison ! La suite de la série semble tout aussi délectable que celui-ci et je m’empresserais de redécouvrir le deuxième tome avec ferveur. Il n’y a qu’à voir l’illustration, aussi modeste soit-elle, pour vouloir s’y plonger comme je l’ai fait une deuxième fois !

Morte vivante ( tome 1 ) de Linda Joy Singleton

Morte vivante : La morte qui marchait ( tome 1 )






Éditions : AdA
Année : 2009
Pages : 388
Catégorie : Romans jeunesse
Âge : Dès 10 ans
Résumé : A dix-sept ans, Amber Borden a un sens de l'orientation vraiment nul ? tellement nul qu'elle prend un mauvais virage lorsqu'elle revient de son expérience de mort imminente. Elle se retrouve dans le corps de la fille la plus populaire de l'école, qui vient tout juste de tenter de se suicider. Une fille qui est tout à fait incapable de naviguer dans les couloirs de Halsey peut-elle découvrir les secrets de sa nouvelle identité tout en retrouvant le chemin vers sa propre vie ? 

Source : renaud-bray.com


Mon avis ( septembre 2010 ) : Pour un roman jeunesse touchant les branches fantastiques si déifiées par les jeunes, je suis heureuse de voir que l’auteure a osé mettre sur le tapis un thème qui se veut original et qui n’a jamais été élaboré dans un livre destiné aux adolescents ( enfin, je crois… ). Celui-ci, premier tome d’une série à saveur spirituelle, élabore un concept aussi mystérieux qu’incroyable : la réincarnation. Et comme c’est un sujet qui provoque de nombreux débats tant aux niveaux religieux que scientifiques, il est agréable de lire une lecture allègre qui l’aborde sans difficulté d’autant plus qu’il saura intéresser bon nombre de jeunes lecteurs. Bien évidemment, le style littéraire reste assez restreint côté vocabulaire, puisque nous sommes dans la partie jeunesse, et les émotions frôlent la légèreté, non sans tomber dans la platitude. L’histoire, en elle-même, reste typique des récits modernes malgré les incidents de transmigration : une jeune fille, la moins populaire de l’école, subit un grave accident et se retrouve à vivre une expérience de mort imminente. Malheureusement, elle reprend vie dans le mauvais corps, celle de la fille la plus estimée de l’école, mais qui s’est vouée volontairement à la mort. Suite à ce destin tragique et enfermée au sein d’une famille aux secrets fastidieux, Amber doit retrouver son identité à travers ce nouveau corps et sauver la vie de l’autre adolescente tout en se sauvant elle-même. Suicide, dépression, mort imminente, réincarnation, premier amour, intimidation : une palette de thèmes qui saura captiver ses lecteurs dont certains se reconnaîtront parmi ces situations délicates.

Amber, bien qu’exclue par les autres, a une forte personnalité et une témérité à toute épreuve. Elle ne se laisse pas impressionner par ceux qui se croient supérieurs au niveau de la popularité et ignore leurs mots à double sens. Une adolescente qui ne peut que donner courage à ceux dont la différence est un complexe difficile. Cependant, ses préjugés à l’égard des personnes célèbres de son école se verront amoindris lors de son expérience de mort imminente. Par inadvertance et son côté lunatique, elle se retrouve dans le corps de Leah, une déesse au cœur froid, du moins, en apparence. Ceci dit, se réincarner dans un corps qui n’est pas le sien est en soi une expérience déplaisante, c’est pourquoi Amber ne sait plus qui elle est et cherche en vain sa vraie identité. Elle se rencontre que Leah n’est pas la fille parfaite qu’elle croyait et que son monde vacillait sur une mince ligne. De même, sa famille n’a pas de bases saines et la pression de son père n’a fait qu’empirer l’état dépressif de Leah. Ainsi, se noue un lien intemporel entre les filles, grâce au souvenir d’un corps et la vision d’une âme. Amber mettra son courage en action afin de regagner son corps dont la durée est à sa limite. Ses amis qui, étrangement, acceptent facilement qui elle est ( une inconstance je dirais ), l’aideront dans cette tâche ardue, notamment ce jeune homme avec qui elle partage une complicité singulière. La conclusion nous laisse présager d’autres réincarnations à venir, d’autres intrigues et secrets en suspens. 

En somme, j’ai passé un doux moment de lecture et j’ai dévoré ce récit que j’ai aimé à la fois pour son audace et sa simplicité. Les lecteurs visés adoreront, car il combine les genres idolâtrés par leur génération et l’écriture continue qui ne laisse présager aucun ennui alimentera leur plaisir, bien que ce bonheur n’arrive pas à la hauteur d’une plume chevronnée. Je peux d’ores et déjà dire que je vais continuer cette saga puisque les sujets mystiques auxquelles s’amourache Mme Singleton est une sucrerie délicieuse pour moi. Ces romans qui permettent de se détendre me plairont toujours autant, notamment parce qu’ils sont bien accueillis entre deux ouvrages à l’âme profonde. L’imagination y est toujours au rendez-vous !

Extrait du roman : «  Je ne pouvais ouvrir une fermeture à glissière pour sortir de ce corps. Je n'étais pas moi, et pourtant je n'étais pas Leah non plus. Une non-personne, voilà ce que j'étais - sauf qu'à l'intérieur, j'avais l'impression d'être la même Amber Borden. Tout ce qui était relié à l'identité se trouvait sous la peau : les peurs, les espoirs, les sentiments et les souvenirs. Je savais qui j'étais - mais comment pourrais-je convaincre qui que ce soit d'autre ? Surtout tant que j'étais prisonnière d'un hôpital où l'on m'avait enlevé la permission de téléphoner, et tant que je n'avais aucune force pour sortir du lit. Je devais imaginer une façon de me sortir de ce chaos, mais j'étais tout simplement trop fatiguée. » p. 81.

Écriture de Stephen King

Écriture



 Coup de coeur !


Éditions : Albin Michel
Année : 2001
Pages : 384
Catégorie : Documentaire
Âge : --
Temps de lecture : Trois jours
Résumé : " La vie n'est pas faite pour soutenir l'art. C'est tout le contraire. "

Quand Stephen King se décide à écrire sur son métier et sur sa vie, un brutal accident de la route met en péril l'un et l'autre. Durant sa convalescence, le romancier découvre les liens toujours plus forts entre l'écriture et la vie. Résultat : ce livre hors norme et génial, tout à la fois essai sur la création littéraire et récit autobiographique. Mais plus encore révélation de cette alchimie qu'est l'inspiration.

Une fois encore Stephen King montre qu'il est bien plus qu'un maître du thriller : un immense écrivain.


Source : livre.fnac.com



Mon avis ( août 2010 ) : Un coup de cœur que je n’aurais pu prévoir tant la surprise égalait la réjouissance. Venant d’un auteur prolifique en thrillers, je me demandais si Stephen King allait faire naître autant de plaisir lors de cette lecture et me prouverait que son statut d’écrivain ne scintille pas seulement dans son genre de prédilection. Et j’avais parfaitement raison, car il nous défère un de ces livres qui viennent toucher autant le cœur que l’esprit, tout en formant les écrivains néophytes en quelques trois cent pages. Ce livre est à la fois une autobiographie de lui-même, ce qui ne peut que plaire aux partisans de cet auteur ( dont je fais partie ), et un documentaire enrichis de conseils sur l’art d’écrire. L’humour cohabitant avec la sagesse, les pages se tournent d’elle-même ; on dévore, on rit, on est touché et ma foi, on s’expose à assimiler toutes les astuces sur l’écriture. La première partie est une lancée somptueuse dans sa vie privée et la source de ses prémices en tant qu’écrivain. Je n’aurais jamais cru faire rencontre avec l’auteur d’hier, connaître ses joies et ses souffrances, tout en sachant que même un auteur de sa trempe peut avoir des débuts malaisés. Dans sa courte autobiographie, il n’oublie aucun détail et se permet de raconter l’accident qu’il a vécu lors de l’écriture de ce livre et qui l’a condamné à un long rétablissement. Par le fait même, ses mots expriment un grand dévouement à l’égard de sa femme dont sa présence lui est précieuse, notamment dans son métier, car elle fait preuve d’honnêteté et de perspicacité pour l’aider dans ses travaux. Cette brève intimité avec l’auteur est un charme qui s’ajoute au livre et moi qui était si intimidée devant son illustre renommée, maintenant je sais que cet homme n’est pas aussi différent que les êtres qui nous entourent. Parallèlement, à travers tout son roman, il nous confie quelques délicieux secrets entourant ses romans, des choses que nous ignorions, tels la manière de leur composition, des passages singuliers, l’éclosion de l’intrigue, etc. Une combinaison alléchante qui enrobe avec brio le thème principal du livre, soi l’écriture.

Quelqu’un qui veut améliorer ses rédactions pour le simple plaisir ou pour un but en particulier sera merveilleusement servis par tous les conseils qui parsèment les pages. Certaines ne nous sont pas étrangères, tel que lire et écrire beaucoup, qui est la phrase fétiche des écrivains lors des rencontres. Pour les autres, qui auraient cru que de simples mots et phrases avaient une importance équivalente à l’histoire ? Les paragraphes, la grammaire, le vocabulaire, les phrases, les styles, tout y est abordé avec autant d’excellence que peut le faire Stephen King. Chaque catégorie est saupoudrée d’exemples qui mettent en pratique la notion expliquée. Une véritable mine d’or ! Cependant, je ne suis pas d’accord avec certaines remarques ou opinions de l’auteur à propos des écrivains et de leur écriture. Je ne pense point qu’il n’y ai de mauvais auteurs, car il y aura toujours des lecteurs qui aimeront leur travail, notamment parce que les goûts sont dissemblables d’une personne à une autre. En bref, monsieur King est un guide exemplaire, bien qu’un peu dure pour quelques préceptes ( dont sur les adverbes ), et je suivrai ses conseils avec le même bonheur que j’avais à lire cet essai sur l’écriture. 
Ainsi, qu’attendez-vous pour ouvrir ce livre didactique ? Que vous songez ou non à percer dans le monde littéraire, que vous soyez ou non un amateur des romans de Stephen King, ce bouquin ne peut que vous faire frémir de joie. Un incontournable des œuvres de cet immense écrivain dans laquelle l’éloquence de sa plume se partage entre émotions et humour, donnant à cet essai une touche exclusive. Non sans oublier la lise de livres à la fin qui fait allonger notre LAL. À lire et à relire !

Extrait du roman : « La lecture est au centre de l'activité créatrice d'un écrivain. J'emporte un livre avec moi partout où je vais et trouve toutes sortes d'occasion pour me plonger dedans. L'astuce consiste à apprendre à lire à petites gorgées comme à grandes rasades. Les salles d'attente sont faites pour les livres - cela va de soi ! Mais également les halls de théâtre avant le spectacle, les interminables files d'attente aux caisses des magasins et, le lieu préféré de chacun, le petit coin. On peut même lire en conduisant, grâce à la révolution des audio-livres. De tous les livres que je lis chaque année, il y en a pas loin d'une douzaine qui sont enregistrés. Quant aux merveilleuses stations de radio que vous manquerez... allons, combien de fois vous sentez-vous capable d'écouter Deep Purple vous seriner « Highway Sar » ? » p. 188.

À tout jamais de Nicholas Sparks

À tout jamais






Éditions : Robert Laffont
Année : 2000
Pages : 250
Catégorie : Romans d’amour
Âge : Dès 12 ans
Temps de lecture : Une semaine
Résumé : Rien ne semblait devoir les réunir. Pourtant Landon et Jamie tombent fous amoureux l'un de l'autre. Ils ont 17 ans dans l'Amérique de la fin des années cinquante, et, pense Landon, une vie heureuse en perspective. Mais Jamie n'a plus que quelques mois à vivre. 

Source : renaud-bray.com

 

 

Mon avis ( juillet 2010 ) : Naguère cette lecture, j’avais visionné l’adaptation filmographique du roman sous le nom « Le temps d’un automne ». Ce film est aussitôt devenu un coup de cœur, car il est selon moi la quintessence des meilleurs films d’amour. Ainsi, emportée par la frénésie du romantisme découlant de ce drame, j’attendais énormément du livre et également de l’auteur que je rencontrais pour la première fois. Et puisque ses bouquins étaient considérés comme des best-sellers partout dans le monde, je ne pouvais qu’être heureuse de m’y plonger. Or, à l’avenir, je me souviendrais de ne jamais écouter l’adaptation cinématographique avant de lire l’œuvre original, car l’histoire n’a plus les mêmes repères. Et c’est ce qui m’est arrivé avec À tout jamais. Pourquoi ont-ils fait un film avec une différence d’histoire aussi éloquente ? J’étais perdue dans ce roman et déçue également, un point que j’aborderais un peu plus loin. Outre les personnages que je reconnaissais avec un bonheur rassuré, notamment Jamie qui est la sublime vision d’un ange gardien, l’histoire du film n’avait presque aucune similarité avec le récit véridique. Ainsi, ayant déjà l’intrigue de la version filmique dans l’esprit, voilà que je découvrais l’œuvre original avec une expression de confusion totale. Les premiers liens, l’intrigue, la fin, tout était dissemblable ! Je n’en revenais tout simplement pas et ce fut d’emblée le géniteur de ma déception, notamment parce que je préférais la trame du film plutôt que l’histoire authentique. Moi qui adorait la liste des « cent choses à faire avant de mourir » de Jamie au cours du film, j’ai été désenchantée de savoir que ce n’était qu’une création du réalisateur. Cependant, si je m’en tiens au récit sans le comparer à son autre version, je l’ai trouvé attendrissant, mais sans plus car je trouvais que l’émotion n’était pas à son apogée et que l’auteur aurait pu creuser davantage dans ce drame adolescent, surtout la maladie de Jamie qui n’est pas un sujet facile à aborder. Toutefois, j’ai adoré la conclusion et le poème que Landon trouve dans la bible de Jamie est tout simplement bellissime, décrivant en des mots harmonieux ce qu’est l’amour véritable.

Jamie est une adolescente qui ne peut que nous rester à l’esprit tant son dévouement envers les autres est une qualité précieuse. De prime abord, elle paraissait pathétique et ennuyeuse aux regards des jeunes de son âge, notamment à cause de ses modestes vêtements, sa foi impavide en Dieu et sa gentillesse qu’ils trouvaient excessive. Pour moi, déjà, il n’en était rien puisque la pureté qui vibrait en son être transparaissait dans toutes ses actions et ses mouvements. Seulement, les autres ignoraient cette splendeur, jusqu’au jour où Landon, ce pauvre jeune homme affublé d’une légère carapace, fut témoin de la magnificence de celle-ci en la côtoyant bien malgré lui. Elle fut son inspiration, sa délivrance et lui inculqua des valeurs primaires tout en marquant à jamais le cours de son existence. Du Landon un peu arrogant, il devint un Landon plus généreux et accueillant. Il n’a peut-être pas adhéré à sa foi inébranlable envers Dieu, mais seulement en une vie meilleure dans laquelle il pourrait devenir un homme responsable. Il a aussi changé quelque peu Jamie qui avait toujours vécu dans un cocon familial que son père, prêtre du village, lui imposait. À ses côtés, elle a pu toucher les ailes de l’amour et vivre de nombreux instants de félicité avant qu’elle lui annonce une terrible nouvelle qui bouleversera leur vie à tous les deux, mais également ceux du village qui ce sont épris de cette ange grâce à Landon. Pour qu’un jeune homme de dix-sept ans veuille se marier pour concrétiser le rêve de sa bien-aimée, il doit posséder un amour profond et on le ressent lors des derniers chapitres. La mauvaise nouvelle le rapprochera de son père et même  un peu du père à Jamie qui a toujours eu du ressentiment à l’égard de ce jeune homme naguère irresponsable. Ainsi, comment oublié ce couple qui défie les « faux » couples d’adolescents ? Comment ne pas se souvenir de cet ange gardien si dévouée alors qu’elle baigne encore dans sa jeunesse ? 

En bref, c’est un roman d’amour délicieux pour la bonté qui s’y dégage, mais il n’est tout de même pas thaumaturgique comme je l’aurais souhaité, c’est pourquoi je préfèrerais toujours l’adaptation cinématographique. En fait, ce qui fut ma déception, hormis les changements entre les deux versions, c’était l’écriture de l’auteur. J’avais lu tant de critiques vouant honneur à sa plume que je n’avais pas pu m’empêcher de me faire une idée à l’avance, à mon grand dam. Certes, son écriture est captivante, intègre et sait embarquer son lecteur, mais il manquait une pointe d’émotions, quelque chose de plus ou une délicatesse touchante. La preuve, moi qui suis d’une sensibilité excessive, je n’ai pas versé une larme à la fin du roman, ce qui est plutôt étrange dans mon cas. Je ne conteste pas son talent, jamais je le ferai, car j’adore tout de même sa plume, cependant j’aurais voulu davantage d’émoi. Peut-être serais-je servi en découvrant ses autres romans, qui sait ? De ce fait, vous ne pouvez passer à côté d’un tel livre à cause de la force d’âme qui en découle et il vous sera impossible de ne pas tomber sous le charme de la douce Jamie. Et suite à cette lecture, je vous conseillerai chaleureusement le film qui vous fera larmoyer d’émotions !

Extrait du roman : « L’amour est longanime et serviable. Il n’est pas envieux. L’amour ne fanfaronne pas, ne se rengorge pas, il ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal, il ne se réjouit pas de l’injustice mais il met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. » p. 226. 

jeudi 21 octobre 2010

Princesse de l'ombre d'Indu Sundaresan

Princesse de l'ombre





Éditions : Michel Lafon
Année : 2010
Pages : 348
Catégorie : Romans historiques / uchroniques
Âge : Dès 13 ans
Temps de lecture : Une semaine
Résumé : Jahanara n’a que dix-sept ans à la mort de sa mère. Accablée de chagrin, elle doit faire face à ses multiples obligations. En effet, elle est la fille de Shah Jahan, le puissant empereur de l’Inde Moghole qu’elle doit désormais assister. Très vite, elle devient la femme la plus influente de l’Inde, régissant les affaires de l’Empire comme celles du harem, et supervise même la construction du Taj Mahal en hommage à sa mère.

Cependant, cette fille tant aimée vit sous la chape d’une terrible interdiction : elle n’est pas autorisée à se marier. Subjugué par sa ressemblance avec sa défunte épouse, son père exige qu’elle demeure à ses côtés. Jahanara doit rester près de lui, et dans l’ombre, à jamais…

Source : michel-lafon.fr
Image hébergée par servimg.com

Mon avis ( avril 2010 ) : Depuis que je suis entrée dans le monde littéraire, paradis incommensurable des arômes livresques, je n’ai jamais plonger dans l’Inde occidental. Ce fut une découverte privilégiée puisque j’ai sillonné un univers complètement dissemblable où les mœurs et la religion, même s’ils ne m’ont inspiré aucun bonheur, sont si étrangers à notre société. Les premières pages défilent et nous nous retrouvons dans le palais royal ( en 1631 ) au sein duquel nous voyagerons aux côtés de Jahanara, fille de Shah Jahan, l’empereur, et de Mumtâz Mahal, décédée à la suite d’un accouchement. Entre Âgrâ, où s’érige le mausolée de lumière qui voue honneur à sa mère, Deccan, Cachemire, Burhanpur et Mandu, elle nous fait voir les caractéristiques de l’Inde, mais également son émouvante histoire. Après la mort de sa génitrice, elle devient la femme la plus puissante du zenana, à son grand dam puisque son père, la trouvant trop précieuse à ses yeux, lui refuse toute union avec un quelconque homme, pas même celui qui embellit son cœur secrètement. Ainsi, encore dans l’éclat de la jeunesse, lui pèsent toutes les responsabilités tandis qu’elle doit renoncer, pour un temps du moins, à rester cloîtrée au sein de la vie impériale dont les élans de bonheur ne sont qu’éphémère puisque tout est restriction. Ce n’est pas seulement l’histoire de cette princesse, c’est le récit d’une religion, celle de l’Islam. Car, en effet, parmi les aventures de cette princesse téméraire, nous entrevoyons le quotidien des femmes de l’Inde. Là-bas, les législations sont nombreuses ; le port du hijab, l’autorisation de la polygamie, l’infériorité des femmes face aux hommes, etc. Tous ces actes qui, selon moi, va à l’encontre de la liberté de la femme, m’a particulièrement troublée, émue, choquée par moment. Mais même si je n’accepte guère cette religion à cause de ses normes drastiques, bien qu’elle s’est améliorée, je ne porte aucun jugement, car c’est leur choix, nonobstant le peu de liberté qui plane autour de l’identité des femmes. C’est dans cette option que j’avais l’impression, à certains moments, d’assister à de faux évènements. Comment l’empereur pouvait-il aimer autant sa femme décédée s’il avait déjà plusieurs autres épouses ? Or, ce n’est là qu’une question personnelle, car mes mœurs sont différents d’eux et il est bien normal que je me pose diverses questions sur ce qui peuvent les conduire à accepter un tel acte. Je suis seulement déçue qu’ils choisissent cette façon de vivre alors qu’ils passent à côté de la joie inestimable qui résulte de la vraie liberté.

Les personnages, il y en a plusieurs, mais celle qui se démarque du lot est sans aucun doute la belle Jahanara. Hardie de nature, pondérée et raisonnée, elle ne cesse de faire valoir inconsciemment son talent lorsqu’elle est dans les parages. Cependant, sous cette surface imperturbable, la tristesse n’est que le seul habitant de son cœur. Ne jamais aimer au profit de la royauté, n’est-ce pas une cruelle destinée ? Or, au fil des chapitres, elle se décidera finalement à passer outre mesure et à entretenir une relation secrète avec son amant, ce qui n’arrangera guère ses liens avec sa sœur, Roshanara. Celle-ci, ombre de son aînée, n’admet pas sa supériorité, usant de jalousie et de ruse pour lui mener la vie dure. Plus frivole et moins sage que sa soeur, elle s’alliera à Aurangzeb, son frère, pour l’aider à monter dans l’estime de leur père, tandis que Jahanara se mettra du côté de Dura, son autre frère, qui est le prince illégitime du trône. Aurangzeb est davantage un guerrier que son aîné et la montée sur le trône n’est que son seul rêve. Il ferait n’importe quoi pour devenir maître à son tour, quitte à dissoudre toute sa famille. Outrecuidant, austère, il n’est pas mieux que son grand frère, Dura, qui fait montre d’un égoïsme supérieur. Cependant, il a une grande ouverture d’esprit à l’égard des autres religions que, malheureusement, les autres ne voient point cet intérêt avec bonheur. Leurs autres frères, Shuja et Murad, ne sont que des ombres au tableau, car ils n’apparaissent que rarement au sein du récit, sinon en quelques mots. Le père et roi de l’Empire Mongol, Shah Jahan, vit quant à lui esseulé dans le désespoir que lui cause la perte de sa meilleure épouse. Son deuil se fera difficilement et accroché au bras de sa fille qui le supportera jusqu’à sa mort, sa seule raison sera de construire le Taj Mahal, le Mausolée de lumière, afin que le peuple n’oublie jamais la femme qui à honorer sa vie, ce que ses autres épouses ne verront pas cela d’un bon œil. Les membres de cette famille royale, bien que comblés de richesse et d’amour propre, restent toutefois de simples citoyens dont les aléas de la vie creusent le trésor de leur personnalité. Ce que j’ai aimé des protagonistes, c’est de savoir qu’ils ont réellement existé, qu’ils ont foulé de leurs pieds l’Inde d’autrefois et que ce récit, auréolé bien évidemment d’un peu de fiction, est le témoignage véridique de leur identité, ce qui m’amène davantage a apprécié la témérité de la princesse de l’ombre à laquelle j’accorde une grande sympathie.

Ainsi donc, ce fut une aventure tout en douceur dans les régions les plus paradisiaques de l’Inde, entre les jardins nantis et fleurissants des palais où s’écoulent des rivières aux chants épurés et l’intérieur des monuments tapissé de tissus pigmentés d’un arc-en-ciel de vive couleur qui ne fait qu’embellir la richesse de ce pays, malgré ses sombres recoins. Cependant, je déplore quelques fois un certain ennui que j’ai eu à l’occasion et des passages qui auraient pu ne pas être ajoutés à l’histoire. D’autre part, j’aurais particulièrement adoré une définition des mots indous, car l’auteure parsème les pages de plusieurs de ces mots qui, je dois l’avouer, est particulièrement difficile à retenir au début, notamment pour les noms. De ce fait, ce fut une douce lecture, arrosée d’enrichissements sur la culture de l’Inde et sa royauté, et j’ai aimé faire rencontre avec l’écriture d’Indu Sundaresan, qui est à la fois placide, mesurée et dont les détails ne sont que merveilles. Alors, je ne peux que vous le conseiller, car ce récit attrayant vous fera percevoir les chemins sinueux et délicats de ce pays occidental qui a tant à nous faire découvrir. J’en conviens, ce n‘est pas un coup de coeur, mais j’en retire un excellent moment de lecture et un plaisir futur à l’idée de voguer à nouveau sur la plume de l’auteure que je compte bien connaître avec davantage de profondeur. Mes remerciements sincères à Blog-O-Book et à Michel Lafon pour ce premier partenariat et cette splendide aventure dans les confins de l'Empire Mongol !

Extraits préférés du roman :  « L’empereur Chah Jahan était frigorifié, la peau moite, le cœur brisé en tant de morceaux que la moindre respiration lui était un supplice. Il se demandait comment survivre à Arjumand ; la vie sans elle lui semblait inimaginable. Ses enfants allaient-ils se voir obligés de lui rendre les mêmes devoirs dans quelques jours ? Ses larmes coulaient sans cesse, ses oreilles n’entendaient que le tambourinement des gouttes sur la toile du parapluie ; les plis de son manteau blanc, le nadiri, collés au tissu de son chudidar. Il ne devrait porter que du blanc au cours des années à venir. Les épaules flanchant sous la charge légère du manche d’or de son parapluie, il se sentait vieux. Quelque chose venait aussi de mourir en lui. » p. 25.

Critiques d'ailleurs :
Katell

Le voyage d'Anna Blume de Paul Auster

Le voyage d'Anna Blume



Coup de coeur !



Éditions : LGF
Année : 1997
Pages : 219
Catégorie : Autres romans
Âge : Dès 14 ans
Temps de lecture : Deux jours
Résumé : Une ville au bout du monde, cernée de murs, livrée à la désagrégation, dont les habitants tâchent de subsister en fouillant dans les détritus. De ce « pays des choses dernières », comme l'appelle le titre original du roman, la jeune Anna Blume écrit à un ami d'enfance. Venue à la recherche de son frère disparu, elle raconte ses errances dans les rues éventrées, sa lutte contre le froid, les prédations, le désespoir. Le romancier de L'Invention de la solitude et de la Trilogie new-yorkaise ...  nous entraîne ici dans un de ces univers, à mi-chemin du réel et du symbolique, dont il a le secret. Sur les pas d'Anna Blume et de quelques autres, résolus comme elle à ne pas s'anéantir dans l'abjection et la violence, nous traversons une fin du monde qui ressemble par bien des traits à notre monde. Avec eux, aux dernières pages du livre, nous serons conviés à rêver d'un autre départ, vers d'autres contrées... 

Source : chapitre.com

Mon avis : Le voyage d’Anna Blume est un roman épistolaire bouleversant, sombre même, qui nous montre la traversée émotionnelle d’une jeune femme se retrouvant dans le Pays des Choses Dernières dans l’espoir de retrouver son frère disparu. Par ses souvenirs et son récit, nous entrevoyons un autre monde funeste et calamiteux qui est au fond le miroir de certains pays, petits et délabrés, qui nous sont étrangers. Le début est un peu confus, car nous ne savons rien de cet endroit, ni sa position, ni pour quelle raison cette ville s’est vue esquinter sans que personne ne lève le petit doigt. Dès les premières pages, nous nous retrouvons à cheminer dans des rues hasardeuses aux timbres insalubres tandis qu’Anna nous raconte le fonctionnement de cette cité, les endroits et les choses à éviter ainsi que les moyens de survie alors que tout n’est qu’un grand capharnaüm abandonné aux yeux du gouvernement. Aucune sortie, aucune aide. Aussitôt, la vastitude de la détresse qui encombre chaque coin de la métropole nous saute à la gorge : pour ma part, j’étais émue, choquée à l’occasion, j’aurais voulu leur tendre les bras pour les enlever aux mains des affres de l’indigence. Chaque faits et gestes des habitants démontrent leur martyre, mais c’est les entreprises de suicide ( oui, oui, vous avez bien compris ) qui illustrent avec davantage d’ampleur leur détresse psychologique. Des cliniques d’euthanasie jusqu’aux Sauteurs ( sauter des immeubles ) et aux Coureurs ( courir sans fin ), en passant par les Clubs d’assassinat, ces associations de suicide sont troublants et montrent d’une manière métaphorique comment certaines personnes sont prêtes à mourir pour s’enfuir hors de la souffrance quotidienne, quelle soit physique ou mentale. Par ailleurs, la vie quotidienne de ces gens est tout aussi déplorable : dormir dehors ou à l’intérieur des immeubles encore debout que les « gangs » peuvent ravir n’importe quand ; des postes de péages sinistres où les dictateurs de ces endroits peuvent demander ce qu’ils veulent ; l’insalubrité journalière ; les travaux tels que les ramasseurs d’ordures et les chasseurs d’objets, etc. Horrifiée déjà à ces images, je n’imagine pas l’horreur que les gens vivent réellement, chaque jour, au sein de cet endroit inhumain alors que des personnes ailleurs dans le monde se font bronzer avec quiétude au soleil.  


De ce fait, toute l’histoire nous est contée par une lettre, celle d’Anna, alors qu’elle s’adresse à un vieil amour de jeunesse, mais qui somme toute, est arrivé entre nos mains puisque nous lisons cette missive. Cette facette spécifique du roman gratifie le récit d’un cachet intimiste, nous plongeant davantage dans les émotions d’Anna qui nous dévoilent ses faiblesses, ses coups durs et ses instants de bonheur éphémère. Cette jeune femme, âgée de dix-neuf ans au début du livre, se dérobe de sa vie aisée pour s’en aller au sein de ce pays afin de retracer son frère, envoyé là-bas par sa fonction de journaliste, mais qui n’a pas donné de nouvelles depuis plus de six mois. Or, elle est confrontée au désespoir, à la souffrance physique, à la torture mentale ainsi qu’à une vie où le confort n’existe pas, où tout le monde a oublié les sentiments et les objets qui nous rendaient heureux. Brave, téméraire, elle avancera dans cette vision apocalyptique sans faillir, dénotant ainsi une grande sagacité chez elle. Peut-être plutôt pessimiste quant à l’avenir, ne voulant pas se laisser bercer par des illusions d’utopie, c’est grâce à de nombreux personnages qu’elle retrouvera cette flamme singulière : l’espoir d’un futur meilleur. Elle rencontrera d’abord Isabelle, cette dame âgée au cœur charitable, probablement quelques fois naïve, néanmoins douée d’une belle vivacité. Sa détérioration physique due à sa maladie m’a particulièrement émue, car j’avais toujours la vision éphémère de ma grand-mère décédée qui avait souffert de cette même affection. Toutefois, la seule chose que je regrette de la vie d’Isabelle est son infâme mari, solitaire, acariâtre et rébarbatif qui en fera voir de toutes les couleurs à la pauvre Anna. Ensuite, elle fera connaissance avec Samuel Farr, journaliste dont le rêve est de publier le livre en cours de rédaction qui témoigne de la détresse de chaque habitant. En sa compagnie, elle vivra de doux moments de bonheur emplit d’amour et de tendresse si rares en ces temps sépulcraux. Malheureusement, un incident l’emportera une nouvelle fois dans le gouffre de la lypémanie, à l’intérieur d’un hôpital dirigé par Victoria dont l’objectif est d’aider les habitants démunis. Elle y restera longtemps, assez longtemps pour se reconstruire et vivre un autre genre d’amour avec Victoria, un côté que j’ai abhorré, car selon ma perspective, si elle était amoureuse d’un homme, elle ne peut l’être d’une femme. Mais nous ne pouvons juger les comportements de ces habitants puisque ils demeurent dans un environnement qui affecte grandement ce qu’ils sont. Enfin, après plusieurs tumultes ( dont celui d’un jeune garçon perdu psychologiquement, en proie à une détresse qui le fera chavirer sur un chemin ténébreux ), de nouveaux instants de réjouissance peuplent le cœur d’Anna, qui verra finalement le voile se lever, faisant apparaître une légère lumière dans la noirceur de sa vie.  

Par conséquent, cette tendre Anna, m’a chavirée, émue et bouleversée. La fin nous laisse sur une note heureuse, mais incertaine, nous octroyant le droit d’imaginer s’ils réussissent à s’enfuir du Pays des Choses Dernières. Ce récit est à la fois une vision de la réalité outrageante de certains pays et également une quête de soi, la renaissance de l’espoir dans la noirceur, le cri implorant de centaine d’âmes qui veulent partager leur détresse pour que nous soyons plus conscients de notre chance. Par ailleurs, j’ai fait connaissance avec une plume souple, onctueuse et subtile, celle de Paul Auster. Il m’a troublée par son histoire et grâce à lui, je fais monter un nouveau livre dans mes coups de cœur, malgré la noirceur du récit. Un livre qui ramène durement au présent et que je vous conseille vivement de lire afin que vous voyez la chance que nous avons d’avoir un quotidien merveilleux, qui n’est qu’une utopie pour les habitants du Pays des Choses Dernières. Il me tarde désormais de me plonger dans La trilogie New-Yorkaise qui dort sans bruit dans ma bibliothèque !


Extraits préférés du livre: « Tout ce que tu vois a la capacité de te blesser, de te diminuer, comme si par le seul acte de voir une chose tu étais dépouillé d'une partie de toi-même. On a souvent l'impression qu'il est dangereux de regarder, et on a tendance à détourner les yeux, voire à les fermer. ( ... ) C'est ce que je veux dire par être blessé : tu ne peux pas voir, sans plus, car chaque chose vue t'appartient aussi en quelque manière et fait partie de l'histoire qui se déroule à l'intérieur de toi. Il serait agréable, je suppose, de s'endurcir au point de ne plus être affecté par rien. Mais alors on serait seul, tellement coupé de tous les autres que la vie devriendrait impossible. » p. 27.

« C'était une chose étrange, de voir ainsi l'océan, et je ne peux pas te dire l'effet que cela a eu sur moi. Pour la première fois depuis mon arrivée, j'avais la preuve que la ville n'était pas partout, qu'il existait quelque chose au-delà, qu'il y avait d'autres mondes en plus de celui-ci. C'était comme une révélation, comme une bouffée d'oxygène dans mes poumons, et rien que d'y penser m'a presque donné le vertige. » p. 86.


Critiques d'ailleurs : Karine , Jules , Charlotte , Yspaddaden

mercredi 20 octobre 2010

Les Tommyknockers de Stephen King

Les Tommyknockers







Éditions : LGF
Année : 2004
Pages : 957
Catégorie : Science-fiction
Âge : Dès 14 ans
Temps de lecture : Deux semaines
Résumé : Tard, la nuit dernière et celle d'avant, Toc! Toc! à la porte - les Tommyknockers ! Les Tommyknockers, les esprits frappeurs... Je voudrais sortir, mais je n'ose pas, Parce que j'ai trop peur du Tommyknocker. Tout commence par les rythmes apaisants d'une berceuse ; et pourtant, sous la plume de Stephen King, les vers anodins se muent en une inoubliable parabole de l'épouvante, qui entraîne les habitants pourtant bien sages et terre à terre d'un paisible village dans un enfer plus horrible que leurs plus abominables cauchemars... ou que les vôtres. Une histoire fascinante et démoniaque que seul Stephen King pouvait écrire. Et lorsqu'on frappera à votre porte, par prudence, mettez la chaîne, si tant est qu'une chaîne suffise… 

Source : livre.fnac.com
 
Mon avis ( mars 2010 ) : À peine un coup d’œil sur le résumé, je frissonnais déjà à l’avance de ce récit d’horreur qui allait combler mes nuits de fausses visions enténébrées et de soubresauts d’effroi au seul bruit de quelques bruissements anodins. Ayant deux livres de Stephen King à mon actif, cet impitoyable auteur et roi de la démence de nos terreurs, il me tardait à nouveau d’entreprendre le chemin des cauchemars au côté de sa plume. Or, et c’est ce qui m’accable, il n’en fut rien. Oui, j’ai peut-être rêvé maintes fois de cette nitescence verdâtre s’échappant des yeux d’une jeune femme ou d’un chien amaigris lorsque je lisais tard le soir, mais pas au point de redouter tous les craquements, de regarder la noirceur dantesque de la nuit avec une inquiétude palpable. À vrai dire, son roman m’a déçue sur cette facette, également à cause de certaines longueurs et le fait que j’ai eu une certaine difficulté à m’envoler à l’intérieur de l’histoire. Néanmoins, les points négatifs s’arrêtent ici ( excluant les personnages ) puisque King a pondu tout de même un récit captivant et distrayant à tous les points de vu qui me prouve clairement que son talent est inaltérable. Au sein du village de Haven, lorsque, par hasard, ( mais est-ce un hasard ? ) Bobbi trébuche sur un morceau métallique qui deviendra l’objet de son obsession dont elle mettra tant d’ardeur à déterrer avec l’hardiesse d’une damnée, l’« évolution » esquisse ses premiers balbutiements à l’intérieur des gens du village. Pourtant, son chien l’avait averti des dangers, sa petite voix également, mais il lui était trop tard pour reculer, car le changement était déjà en place. Et quelle transformation ! Des idées que seul les génies peuvent avoir, des évolutions physiques plus ou moins avantageuses ( communiquer par la pensée, perte de dents, etc. ) et qui, vers le milieu, prennent des ampleurs effroyables qui m’a sérieusement dégoûtée. Les citoyens se retrouvent reculés dans leur bulle, en proie à la plus abominable évolution de laquelle la seule chose qui nous vient à l’esprit est la fameuse lumière verte mystique, ensorcelante, sinistre… De même, plus personne ne peut rentrer ( des scènes mésavenantes à profusion… ) et la remise, derrière la maison de Bobbi, fait naître en nous l’avidité de savoir jusqu’à la vérité. Nonobstant ma difficulté lors des prémices du récit, j’ai été embarquée par cette histoire habillée de science-fiction, même si je trouve que son originalité est moindre et que ses personnages me paraissaient insipides, voire même un peu ennuyants.  

J’en viens maintenant aux protagonistes… Tout d’abord, il y a Bobbi, cette écrivaine ( encore une ? ) de Far-West qui vit esseulée dans sa maison avec son chien Peter, qui va s’avérer être le plus conscient de tous. Cette femme, hantée encore par le caractère dictateur de sa sœur dont elle veut oublier le visage, est téméraire, mais naïve, puisqu’elle se laissera dompter par sa curiosité qui sera la génitrice de tous les évènements. Déterrer, déterrer, ce sera ses pensées constantes, alors que les changements fusent, autant chez elle que les chez les autres, oubliant inconsciemment les hurlements de son chien. Un vieil ami, poète ludique et abîmé par la vie du nom de Gard, refait surface dans sa vie au moment où les effets deviennent ténébreux. Ce fameux Gard, homme taciturne et perspicace enivré de nouveau par l’alcool et sa rage intérieure, sera le mouton noir du village, le seul qui ne sera pas une victime, psychologiquement du moins. Il va être d’une importance capitale et même s’il se laissera aller quelques fois à l’abandon, cette timide innocence de tous et chacun, son intelligence aura servi à quelque chose. Mais, nonobstant leur personnalité et le fait que l’auteur nous témoigne leurs pensées et leurs troubles, il n’en demeure pas moins que je les ai trouvé vides un peu, parfois sérieusement agaçants, notamment les habitants. Ceux-ci seront davantage ébranlés, les plus dangereux, car l’« évolution » les entraînent aux tréfonds de la noirceur et de l’inconscience, oubliant ce qu’ils sont et la différence entre le bien et le mal, l’esprit toujours noyé par des idées épiques. L’instinct de survie les domine, autant dire qu’ils ont changé radicalement, une forme de possession je dirais. Ainsi donc, ils ne m’ont guère touché, je n’ai eu aucune compassion à leur égard, pas même une lueur d’intérêt sur ce qu’ils vivaient : pour être honnête, seul l’histoire m’accrochait à ce bouquin. Je me suis prise d’amitiés que seulement pour David Brown, ce petit garçon emprisonné ailleurs, ce petit garçon qui ressurgira à la fin du livre en me laissant quelque peu émue.  
Par conséquent, même si je n’ai pas lu d’innombrable livres de Stephen King, je trouve qu’il ne fait pas partie de ses meilleurs ouvrages. J’avais l’impression de retrouver un de ces vieux films de science-fiction, avec un degré d’amélioration bien évidemment, mais sans pour autant donner un récit qui nous fait hérisser la nuque. Pourtant, j’ai tout de même aimé, notamment parce que c’est King qui raconte l’histoire, et que son écriture est constamment saisissante ; elle attire automatiquement notre attention. Toutefois, j’ai eu l’impression que l’auteur n’avait pas mis tout son talent et que, à certains moments, on pouvait deviner ce qui allait suivre. Donc, à mon avis, ce fut un très bon moment de lecture, mais avec quelques éclats de déception ici et là ainsi qu’une faim non rassasiée, celle que nous voulons assouvir lorsque nous ouvrons un livre ou écoutons un film qui fait appel à nos hantises. Désolée monsieur King, ce n’est pas un livre qui s’érigera dans mes coups de cœur, malgré votre merveilleux talent ! Lisez-le, mais ne vous attendez pas à un chef d’œuvre.

Extrait préféré du livre : « On ne pouvait nier que le vaisseau était une source de création… mais il était aussi l’appareil échoué d’une espèce inconnue venue de très loin au-delà des ténèbres – des créatures dont l’esprit pourrait être aussi différent de l’esprit humain que l’esprit humain diffère de celui des araignées. C’était un engin merveilleux et inimaginable qui luisait dans la lumière embrumée de ce dimanche matin… mais c’était aussi une maison hantée où il se pouvait que des démons marchent encore entre les murs et dans les recoins vides. Il lui arrivait de le regarder et de sentier sa gorge se serrer d’étrange façon, comme si des yeux plats l’avaient regardé depuis ce trou dans la terre. » p. 405.

 « La société peut choisir de ne pas mettre en œuvre une idée, dit Bobbi en écartant cet exemple d’un revers de main. En fait, j’en doute, mais pour simplifier le raisonnement, on dira que c’est possible, mais les gens ordinaires ? Non, Gard. Je suis désolée. Quand des gens ordinaires voient quelque chose qui émerge du sol, il faut qu’ils creusent. Il faut qu’ils creusent, parce que ça pourrait être un trésor. » p. 455.

L'aliéniste de Caleb Carr

L'aliéniste



Coup de coeur !



Éditions : Pocket
Année : 1999
Pages : 573
Catégorie : Romans policiers / thrillers / espionnage
Âge : Dès 16 ans
Temps de lecture : Une semaine
Résumé : New York, 1886. On retrouve un peu partout dans le quartier populaire du Lower East Side des cadavres mutilés d’adolescents. La police s’intéresse peu à l’affaire. Trois hommes vont donc unir leurs forces pour traquer ce nouvel avatar de Jack l’Éventreur : Théodore Roosevelt qui à l’époque n’est encore que préfet et ses amis John Schuyler Moore, journaliste, et Laszlo Kreizler, un aliéniste - on ne disait pas encore psychiatre - aux méthodes révolutionnaires… Ils vont essayer d’établir le profil psychologique du tueur pour le neutraliser. Mais leur adversaire est redoutable et les crimes s’accumulent. L’évocation de New York à la veille du XXe siècle est extraordinaire et l’intrigue passionnante. L’Aliéniste est en fait le chaînon manquant, brillamment reconstitué entre les romans d’Eugène Sue ou de Conan Doyle et les polars modernes où les profilers traquent les serial killers.


Source : livre.fnac.com

Mon avis ( mars 2010 ) : Après tant de merveilleux commentaires à l’égard de ce livre, je me suis finalement décidée d’entrer dans le roman de Caleb Carr. Une page, deux pages, et voilà que l’auteur m’emmène dans une enquête sordide, psychologique, dans les tréfonds même de la ville fanatique de New York. Un polar enlevant, une écriture palpitante et fluide, des personnages dépeignés avec talent, une intrigue époustouflante, des rebondissements à coupé le souffle, ainsi est L’aliéniste ! Et encore, les mots sont simples pour décrire un tel chef d’œuvre qui surpasse de très loin tous les polars actuels ! Dès les premières pages, nous sommes plongés au cœur de New York, au sein d’une ville où les échos de la modernité se répercutent sur les montagnes architecturales de métal, entre les fiacres qui défilent dans les rues sombres ou illuminées et entre les bousculades des passants noyés dans leur songe. Toutefois, nous passons vite de la réalité énergique de cette ville pour des quartiers plus sombres, où les plaisirs malhonnêtes se mêlent à la réalité des gens. Une histoire se dévoile entre les méandres de ces quartiers : le meurtre de plusieurs jeunes garçons prostitués et immigrés emplit l’atmosphère. La police ignorant ces meurtres en série, plusieurs personnages prennent l’enquête sous une nouvelle perspective : John Moore, chroniqueur des affaires criminelles ; Laszlo Kreizler, aliéniste aux méthodes controversées ; et finalement Sara Howard, secrétaire pour le journal Times. Ces trois personnes et leurs acolytes nous ferons vivre des moments intenses au sein d’une enquête qui dépasse l’entendement, nous plongeant dans les tréfonds impensables de la psychologie humaine, univers qui se veut complexe et effrayant…
 
John Moore, cet homme perspicace qui tient le rôle de chroniqueur criminel dans le Times, est notre guide sur les chemins secrets de l’enquête, donnant une touche encore plus intimiste à l’histoire comme si nous faisions partie de l’équipe. Téméraire, flegmatique et déterminé dans son travail assidu, il n’a pas conscience au début de l’ampleur de l’investigation et face aux meurtres infâmes teintés de barbarie, il n’aura guère le choix d’afficher une attitude stoïque pour ne point flancher devant les horreurs infligés aux enfants. Laszlo, l’aliéniste et passionné des maladies mentales, sera le pilier de l’équipe, étant le maître inconditionnel de la psychologie. Grâce à son professionnalisme, ils pourront remonter jusque dans le passé du meurtrier et donner une image complète de la personnalité du tueur, quitte même à ressentir une compassion troublante envers celui-ci. Sara, cette secrétaire au tempérament fort, devra elle aussi faire preuve d’une grande maîtrise de soi. Faisant fi de son émotivité parfois éloquente, elle fera bouger les choses tout comme ses partenaires. Par ailleurs, il ne faut pas non plus oublier les autres membres du groupe, à savoir Stevie, jeune garçon des rues, Cyrus, immigré au service de l’aliéniste, ainsi que Mary, cette douce femme au passé bouleversant. Ceux-ci, ensemble, nous dévoile toutes les subtilités de la psychologie dans ses moindres recoins dans le but de remonter jusqu’au tueur et de connaître autant son passé que les allégations qui le poussent à commettre de telles sordidités. Horrible, tout a fait horrible. Dégoûtée, choquée à l’occasion par les descriptions des corps, il n’en découle pas moins un flot de psychologie qui m’a fascinée. En ce qui est du tueur, je garderai mes lèvres fermées, car c’est à vous de faire connaissance avec ses désirs et ses œuvres…

Par surcroît, il est impossible de passer à côté de ce chef d’œuvre émérite, colossal, prodigieux et effrayant qui, nonobstant des passages montrant la nature ignoble de l’être humain, vous tient en haleine pendant tout le trajet et vous marque définitivement pour la vie. Dans mon cas, je ne verrai plus les meurtres de la même manière, maintenant marquée du sceau de la psychologie de l’aliéniste. À coup sûr, je me jetterai à nouveau entre les griffes de l’auteur afin qu’il me raconte d’autres histoire de sa plume majestueuse dans laquelle nous sommes si facilement embarqués. Cependant, je suis heureuse tout de même d’avoir quitté les méandres sépulcraux des ruelles ou les quartiers avilissants de la grande ville de New York, cette cité qui abrite la réalité illusoire du matérialisme.

Extrait du roman : « Messieurs, enchaîna-t-il, nous ne savons rien du criminel que nous cherchons. Nous ne savons même pas s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. Tout est envisageable, en effet. Lui, par contre, a eu largement le temps de mettre sa technique au point. Ce que nous devons faire - la seule chose qe nous puissions faire, à la vérité - c'est brosser une peinture du type de personne qui serait capable de commettre de pareils actes. Une fois cette construction achevée, tout indice ou début de piste que nous pourrions découvrir acquerrait une dimension considérablement accrue en s'intégrant à notre portrait. De plus, n'oubliez pas que nous avons maintenant un atout de taille. » p. 87.

Critiques d'ailleurs : Charlotte , Yspaddaden , Morrison