Affichage des articles dont le libellé est Littérature canadienne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Littérature canadienne. Afficher tous les articles

mercredi 20 octobre 2010

Ysabel de Guy Gavriel Kay

Ysabel




Éditions : Alire
Année : 2007
Pages : 463
Catégorie : Romans de fantasy / fantastiques
Âge : Dès 12 ans
Résumé : Ned, un jeune Montréalais de quinze ans, accompagne son père, Edward Marriner, dans le Midi de la France. Photographe de renommée internationale, Marriner - assisté de Mélanie, Steve et Greg, son équipe technique - a six semaines pour croquer des images inédites de ce magnifique coin de pays, qui regorge de ruines datant de l'époque des Celtes et des Romains.
Mais des événements inquiétants perturbent le séjour de Ned : un inconnu le menace dans la cathédrale d'Aix-en-Provence, un étrange malaise l'affecte aux abords de la montagne Sainte-Victoire, des chiens l'attaquent dans un café... sans compter qu'au cours de la nuit de la Beltaine, une antique fête celtique, il assiste à la « magique » disparition de Mélanie !
Dès lors, Ned comprend que, dans cette contrée plusieurs fois millénaire, des personnages mythiques ne veulent pas mourir et que, d'une mystérieuse façon, il est personnellement concerné par leur histoire.


Source : alire.com

Mon avis ( février 2010 ) : Mystique… Dès que nous frôlons les pages du roman, nous tombons dans un autre lieu, au sein d’une région où les sites celtiques côtoient la modernité : Aix-en-Provence. Dans cette ville enchanteresse de la France, nous faisons connaissance avec un adolescent contemporain, Ned, qui va s’avérer être un personnage primordial qui ne connaît pas encore son unicité spéciale, transmise de génération en génération… Par contre, je ne me suis guère attardée aux personnages, à lui, à son père photographe venu prendre des images de la noblesse féerique de l’architecture et des paysages accompagné de son équipe. Non, j’étais davantage fascinée par ce lieu que je découvrais par l’entremise de la plume de l’auteur, cette beauté de la France où séjourne encore le passé dans une invisibilité absolue. Je pouvais presque frôler les bâtiments du doigt, sentir la brise de la région, voir les montagnes s’élever… Une surprise délicieuse qui a pétillée parmi les pages. Pour revenir à l’histoire en général, dès le début, le suspense s’installe, nous passons vite à l’enclenchement de l’intrigue. Ned rencontre à la fois Kat, une jeune fille « geek » comme il dit, et un homme énigmatique dans une vieille cathédrale. S’en suivent alors des évènements mystérieux auxquels Ned est confronté et c’est lors de la nuit de Beltaine que la vérité éclate, en même temps que la disparition de Mélanie. Ainsi, les deux adolescents et la famille de Ned se retrouvent détenus dans un triangle amoureux, une histoire d’amour vieille de plusieurs siècles qui aura un impact décisif sur le jeune garçon. L’aventure se combine avec le suspense pour offrir un périple incroyable au lecteur, dont moi qui fut émue par les décors naturels et les énergies celtiques émanant du livre en une aura de fraîcheur. J’aurais adoré rester dans ce monde où il n’y a qu’une mince ligne entre l’utopie et la modernité…

Ned est notre guide au fil des pages. Bien qu’il est l’air d’un adolescent entièrement moderne à l’humour sarcastique, nous voyons déjà en lui quelque chose d’unique qui le différencie des autres. À mesure que les évènements l’entraînent dans un univers auquel il n’a jamais touché, il grandit, se détachant peu à peu de son statut d’adolescent en prenant une maturité nouvelle. Il ne voit et ne verra plus le monde de la même manière et n’oubliera jamais les yeux d’Ysabel, cette femme immortelle qui est au cœur de cette histoire, partagée entre deux amours, entre deux hommes d’un peuple opposé. Même moi je ne peux oublier sa douce grâce, cette aura de paix et de charme qui se délivre de son âme. Tournant autour d’elle tels deux orbites en gravitation, il y a les deux hommes, ses deux amours, qui ont une personnalité fort différente et qui se livrent bataille depuis des siècles pour conquérir le cœur de cette gente dame. Ces deux êtres cabalistiques auront besoin de Ned pour la retrouver, ils le surveilleront, car lui et sa famille sont également à sa recherche pour une raison tout autre. Diverses personnes évoluent autour de Ned : il y a son père, photographe professionnel venu faire la cour aux paysages de la France et qui acceptera l’histoire de son fils avec moi de scepticisme que les autres ; sa fameuse amie, Kat, une étrange jeune fille douée de connaissances, pusillanime à ses heures, mais qui a une force téméraire en elle ; sa tante Kim, qui est dotée d’une faculté identique à celle de Ned, comprenant ainsi à la perfection la confusion de celui-ci ; sa mère, revenue de la guerre où elle opère comme médecin pour aider son fils même s’il la tiraille de revoir sa sœur et de plonger au cœur d’une histoire qui dépasse l’entendement ; l’oncle Dave, ombre de sa mère lors de ses voyages humanitaires, un combattant acharné malgré la vieillesse qui amenuise ses forces ; puis il y a enfin l’équipe photographique de son père, Steve, Greg, Mélanie… Les deux premiers n’ont que très peu d’importance, même s’ils usent de leurs moyens pour contribuer dans les recherches en dépit de leur incrédulité lors des prémices de l’intrigue. Dans le cas de Mélanie, femme hardie et érudite de la région, elle est un personnage majeur du récit, car elle joue un rôle crucial dans la quête, nonobstant sa disparition dans les méandres de la nuit de Beltaine. En raison de l’intrigue et des paysages, je n’ai su m’attacher aux personnages, aussi diversifiés soient-ils, sinon le fantôme d’Ysabel. À l’occasion, Ned et Kat m’hérissaient par leurs paroles dénués d’intérêts, langage abject des jeunes contemporains. Quant aux deux ennemis du passé, je n’avais que méfiance envers eux, jusqu’à la fin, où j’ai commencé à avoir un sentiment de compassion à l’égard de Cadell, plus enclin à nourrir de vrais sentiments à l’égard de la belle celte. Mais chut, je ne vous en dis pas plus…
 
Ainsi donc, ce roman, même s’il est loin d'être un coup de cœur, m’a procuré un flot d’aventures, de tableaux mirifiques et d’envoûtements celtiques qui m‘ont fait vibrer. Toutefois, j’aurais aimé que l’écriture de l’auteur, fraîche et fluide aux descriptions bien chargés, soit davantage teintée de profondeur et qu’il nous fasse découvrir les personnages avec une intensité plus élaborée, ceux-ci étant abordés seulement en surface, excluant Ned. À l’occasion, j’avais de la difficulté à accrocher à cause de quelques longueurs, tant du côté des descriptions que du côté des discussions parfois inutiles . Cependant, ce ne sont que les seuls points négatifs puisque j’ai passé un agréable moment de lecture, me laissant l’esprit gorgé d’images légendaires et d’odeurs aromatiques de cette région séculaire qui implore mon âme de venir y faire une expédition. Un petit tour entre les pages de ce livre et vous serez entraînés dans un périple entre les griffes du présent et du passé.

Extrait du roman : « Aucun autre ciel ne ressemblait vraiment à ce ciel-là. À n'importe quel moment de l'année, en n'importe quelle saison. Que ce soit une aube froide à la fin de l'automne ou un jour d'été ensommeillé au milieu de la journée dans la stridulation des cigales. Ou lorsque la lame du vent, le mistral, fondait sur la vallée du Rhône ( comme des guerriers l'avaient fait si souvent ), détachant sur le ciel purifié chaque olivier, chaque cyprès, chaque pie, chaque vigne, chaque buisson de lavande, comme s'ils étaient les premiers, l'essence parfaite de leur être même. »

lundi 18 octobre 2010

Anne ( tome 1 ) de Lucy Maud Montgomery

Anne : La maison aux pignons verts ( tome 1 )



Coup de coeur !



Éditions : Québec Amérique
Année : 2001
Pages : 374
Catégorie : Jeunesse / Romans classiques
Âge : Dès 12 ans
Résumé : Voici le plus grand classique canadien-anglais de tous les temps, vendu à plus de 60 millions d’exemplaires, traduit en 40 langues et adapté plusieurs fois pour le cinéma et la télévision. L’histoire de cette petite orpheline de l’Île-du-Prince-Édouard a véritablement envoûté les jeunes et les moins jeunes !

Sur le quai de la gare, Marilla et Matthew attendent l’orphelin qui les aidera sur leur ferme. C’est une rouquine aux yeux pétillants qui se présente… Jouir de la magie des mots, rire de ses propres défauts, s’émerveiller face à la nature, découvrir un coin de pays pittoresque, voilà ce qui nous attend dans ce roman inoubliable.



Source : maglecture.com, amazon.fr

Mon avis ( juillet 2009 ) : Un roman tout simplement magique et embelissant dont on ne peut passer à côté. Sous la plume créatrice de l'auteure, j'ai vécu des moments mémorables aux côtés de cette tendre Anne, une fille en laquelle j'ai vu une âme-soeur. Dotée d'une imagination fertile et d'une langue très enjouée, la jeune orpheline nous transporte dans son monde, à travers ses déboires humouristiques et émouvants. Comment ne pas laisser échapper un sourire lorsque cette chère Anne ouvre la bouche ? Elle a une façon bien à elle de voir les choses et devra apprendre à vivre avec Marilla et Matthew, des gens très peu habitués à un esprit volatile. Mais ils s'adapteront, tout comme le peuple d'Avonlea, à cette innocente jeune fille qui en a beaucoup à apprendre aux adultes, mais surtout aux enfants de la nouvelle génération, ceux dont l'imagination s'est volatilisée depuis belle lurette.

Autant vous dire que ce livre est un coup de coeur pour moi et que j'ai été éblouie par l'écriture singulière de Lucy Maud Montgomery. À vrai dire, j'ai plus que hâte de découvrir les prochains tomes et de suivre les aventures rocambolesques de cet ange aux cheveux d'un roux flamboyant.

Extrait du livre : « Faire sa prière n'est pas tout à fait la même chose que prier, observa Anne, absorbée dans ses réflexions. Mais je vais m'imaginer que je suis le vent qui souffle, là-haut, dans le faîte de ces arbres. Lorsque j'en aurai assez des arbres, je m'imaginerai que je descends doucement, parmi ces fougères, et puis je m'envolerai jusqu'au jardin de Mme Lynde, et j'y ferai danser les fleurs, et là, d'un seul coup, je balayerai le champ de trèfle. Puis je soufflerai sur le Lac-aux-Miroirs et je le ferai onduler pour qu'il forme de petites vagues brillantes. Oh, comme le vent permet à l'imagination de vagabonder ! Eh bien, c'est fini, je ne dirai plus rien, Marilla. »

Critiques d'ailleurs : Monlunivers , Yueyin , Allie

dimanche 17 octobre 2010

À la sueur de mon front de Sarah Ellis

À la sueur de mon front - Flore Rutherford,
11 ans, enfant-ouvrière





Éditions : Scholastic
Collection : Cher Journal
Année : 2008
Pages : 224
Catégorie : Jeunesse / Journaux intimes
Âge : Dès 10 ans
Résumé : Lorsque Flora quitte l’orphelinat pour aller rejoindre sa tante et son oncle à Almonte, la jeune fille tire un trait sur son passé pour commencer un nouveau chapitre de sa vie. Avec joie, elle s’intègre à sa nouvelle famille et avec sagesse, elle accepte de travailler à l’usine de textile de la ville avec sa tante et son oncle. Survient alors un triste événement. Son oncle perd plusieurs doigts à la suite d’un grave accident. S’envolent alors son salaire et sa joie de vivre. Flora et sa tante gardent espoir, mais elles n’ont plus suffisamment d’argent pour vivre. Comment la jeune fille peut-elle aider ceux qu’elle aime à traverser cette épreuve ?

Source : scholastic.ca

Mon avis ( avril 2009 ) : Je dois avouer que j'ai été un peu déçue de cette lecture. L'histoire, que j'aurais pensé plus profonde, ne démontre pas beaucoup les conditions difficiles que les enfants vivent dans les usines. À vrai dire, on croirait, d'après ce que raconte Flora dans son journal, que leur travail n'est pas si dur, au contraire de ce qu'on lit dans l'historique, à la toute fin. De plus, cette fois-ci l'écriture de Sarah Ellis ne m'a pas singulièrement atteint. Bien sûr, j'ai été choquée d'apprendre que de jeunes enfants, encore dans l'âge de l'innocence, travaillent autant que les adultes, mais j'aurais aimé que cette lecture me bouleverse un peu plus. Outre ces détails, le livre demeure toujours un récit fort agréable et la jeune Flora m'a beaucoup charmé, surtout à cause de son sens de l'imagination. Par ailleurs, j'ai aimé que Flora utilise à chaque nouvelle page la phrase " Chère maman et cher papa " ( qui sont décédés ) puisque cela donne une note touchante au récit. Une excellente idée de l'auteure !

Bref, ce n'est pas le meilleur bouquin de la collection Cher journal, mais il mérite tout de même d'être lu.


Extrait du livre : « Tandis que j'étais couchée dans la laine, je ne pouvais rien entendre et je me suis mise à me faire du souci. Et si Anne vendait la mèche ? Et si M. Haskin vendait la mèche ? Et si tante Janet vendait la mèche ? Aurions-nous dû lui révéler notre plan ? Aurait-elle été fâchée ? À tout moment, je m'attendais à voir apparaître, au-dessus du caisson, la tête d'un commissaire. »

Si je meurs avant le jour de Jean Little

Si je meurs avant le jour - Fiona Macgregor,
au temps de la grippe espagnole
Jean Little




Éditions : Éditions Scholastic
Collection : Cher journal
Année : 2008
Pages : 224
Catégorie : Jeunesse / Journaux intimes
Âge : Dès 10 ans
Résumé : Ramenée d’Europe par des soldats ayant combattu lors de la Première Guerre mondiale, la grippe espagnole fait des ravages au sein de la population canadienne. Fiona Macgregor est témoin des ravages de cette maladie qui risque d’emporter ses deux soeurs jumelles. Dans les pages de son journal intime, la jeune fille relate les événements de cette période marquante de l’histoire tout en confiant ses sentiments et ses craintes : la grippe espagnole emportera-t-elle ses deux soeurs adorées?

Source : scholastic.ca

Mon avis ( avril 2009 ) : À travers le journal intime de Fiona, on assiste aux ravages de la grippe espagnole qui ne laisse que très peu de survivants. Lorsque la grippe touche sa famille, les pages deviennent bouleversantes et on suit l'histoire avec grand intérêt. Toutefois, elle n'y parle que très peu de la guerre qui, pourtant, était très présente cette année-là. Outre ce petit détail, la jeune Fiona est fort attachante et je me suis retrouvée beaucoup dans sa personnalité, ce qui n'a fait qu'accroître mon attachement envers elle. L'écriture de Jean Little est toujours aussi fameuse et il nous livre un très bon récit. Pour tout dire, on est si ancré dans l'histoire que Fiona nous paraît réelle et qu'elle nous raconte vraiment l'année de ses douze ans. L'histoire se termine en beauté et j'ai adoré l'historique à la toute fin puisqu'on y apprend plusieurs choses sur la grippe espagnole. Bref, c'est un roman délicieux et très enrichissant !

Extrait du livre : « Le docteur a dit à papa qu'il devait se préparer au pire. Il a dit qu'il n'a jamais vu un patient récupérer, une fois son visage devenu noir comme celui de Jemma. Il n'aurait jamais dû prononcer des paroles si épouvantables. Nous ne pouvons pas abandonner tout espoir, pas tant qu'elle reste en vie. Papa a l'air d'avoir vieilli de vingt ans. »

Elle danse dans la tourmente de Jean Little

Elle danse dans la tourmente
Jean  Little




Éditions : Scholastic
Année : 2007
Pages : 233
Catégorie : Jeunesse / Romans d'aventure
Âge : Dès 9 ans
Résumé : Min passe d’une famille d’accueil à l’autre depuis qu’elle a été abandonnée à l’âge de trois ans. Elle a maintenant dix ans et elle vient d’être à nouveau rejetée et ce, juste avant Noël. Jess Hart, une docteure anciennement à l’emploi des Services de l’aide à l’enfance, connaît Min depuis longtemps et sait voir au-delà de la carapace que la jeune fille s’est forgée au fil des ans. Elle décide, à titre d’expérience, de la prendre sous son aile durant quelques semaines. Jess a déjà songé à adopter Min, mais cette dernière n’en sait rien. Lorsque Jess et Min recueillent un chiot en fuite, menacé de mort, la jeune fille, à l’exemple du petit animal, apprend à s’ouvrir et à faire confiance. Elle tisse même de nouveaux liens d’amitié qui lui permettent d’affronter une brute qui l’avait intimidée autrefois. Se pourrait-il que Min, Jess et Émilie le chien forment désormais une vraie famille?

Source : scholastic.ca

Mon avis ( avril 2009 ) : Un petit livre agréable à lire, que j'ai bien aimé par sa simplicité et qui fait changement des romans pour adultes. La jeune Min est terriblement attachante et je trouve affreux qu'on puisse abandonner une enfant de la sorte, sans la confier à une famille de confiance. Par ailleurs, j'ai adoré la fin qui termine le roman en beauté dont l'histoire est généreuse d'espoir. Bref, les livres de Jean Little sont toujours aussi bons.

Extrait du livre : " Dès lors, Noël avait continué d'être le jour où elle se sentait une étrangère, du matin jusqu'au soir. Les cadeaux qu'elle recevait étaient pour la plupart des dons de l'aide à l'enfance et étaient plus moches et plus petits que ceux que recevaient les enfants naturels de ses parents nourriciers. "