mercredi 20 octobre 2010

Les Tommyknockers de Stephen King

Les Tommyknockers







Éditions : LGF
Année : 2004
Pages : 957
Catégorie : Science-fiction
Âge : Dès 14 ans
Temps de lecture : Deux semaines
Résumé : Tard, la nuit dernière et celle d'avant, Toc! Toc! à la porte - les Tommyknockers ! Les Tommyknockers, les esprits frappeurs... Je voudrais sortir, mais je n'ose pas, Parce que j'ai trop peur du Tommyknocker. Tout commence par les rythmes apaisants d'une berceuse ; et pourtant, sous la plume de Stephen King, les vers anodins se muent en une inoubliable parabole de l'épouvante, qui entraîne les habitants pourtant bien sages et terre à terre d'un paisible village dans un enfer plus horrible que leurs plus abominables cauchemars... ou que les vôtres. Une histoire fascinante et démoniaque que seul Stephen King pouvait écrire. Et lorsqu'on frappera à votre porte, par prudence, mettez la chaîne, si tant est qu'une chaîne suffise… 

Source : livre.fnac.com
 
Mon avis ( mars 2010 ) : À peine un coup d’œil sur le résumé, je frissonnais déjà à l’avance de ce récit d’horreur qui allait combler mes nuits de fausses visions enténébrées et de soubresauts d’effroi au seul bruit de quelques bruissements anodins. Ayant deux livres de Stephen King à mon actif, cet impitoyable auteur et roi de la démence de nos terreurs, il me tardait à nouveau d’entreprendre le chemin des cauchemars au côté de sa plume. Or, et c’est ce qui m’accable, il n’en fut rien. Oui, j’ai peut-être rêvé maintes fois de cette nitescence verdâtre s’échappant des yeux d’une jeune femme ou d’un chien amaigris lorsque je lisais tard le soir, mais pas au point de redouter tous les craquements, de regarder la noirceur dantesque de la nuit avec une inquiétude palpable. À vrai dire, son roman m’a déçue sur cette facette, également à cause de certaines longueurs et le fait que j’ai eu une certaine difficulté à m’envoler à l’intérieur de l’histoire. Néanmoins, les points négatifs s’arrêtent ici ( excluant les personnages ) puisque King a pondu tout de même un récit captivant et distrayant à tous les points de vu qui me prouve clairement que son talent est inaltérable. Au sein du village de Haven, lorsque, par hasard, ( mais est-ce un hasard ? ) Bobbi trébuche sur un morceau métallique qui deviendra l’objet de son obsession dont elle mettra tant d’ardeur à déterrer avec l’hardiesse d’une damnée, l’« évolution » esquisse ses premiers balbutiements à l’intérieur des gens du village. Pourtant, son chien l’avait averti des dangers, sa petite voix également, mais il lui était trop tard pour reculer, car le changement était déjà en place. Et quelle transformation ! Des idées que seul les génies peuvent avoir, des évolutions physiques plus ou moins avantageuses ( communiquer par la pensée, perte de dents, etc. ) et qui, vers le milieu, prennent des ampleurs effroyables qui m’a sérieusement dégoûtée. Les citoyens se retrouvent reculés dans leur bulle, en proie à la plus abominable évolution de laquelle la seule chose qui nous vient à l’esprit est la fameuse lumière verte mystique, ensorcelante, sinistre… De même, plus personne ne peut rentrer ( des scènes mésavenantes à profusion… ) et la remise, derrière la maison de Bobbi, fait naître en nous l’avidité de savoir jusqu’à la vérité. Nonobstant ma difficulté lors des prémices du récit, j’ai été embarquée par cette histoire habillée de science-fiction, même si je trouve que son originalité est moindre et que ses personnages me paraissaient insipides, voire même un peu ennuyants.  

J’en viens maintenant aux protagonistes… Tout d’abord, il y a Bobbi, cette écrivaine ( encore une ? ) de Far-West qui vit esseulée dans sa maison avec son chien Peter, qui va s’avérer être le plus conscient de tous. Cette femme, hantée encore par le caractère dictateur de sa sœur dont elle veut oublier le visage, est téméraire, mais naïve, puisqu’elle se laissera dompter par sa curiosité qui sera la génitrice de tous les évènements. Déterrer, déterrer, ce sera ses pensées constantes, alors que les changements fusent, autant chez elle que les chez les autres, oubliant inconsciemment les hurlements de son chien. Un vieil ami, poète ludique et abîmé par la vie du nom de Gard, refait surface dans sa vie au moment où les effets deviennent ténébreux. Ce fameux Gard, homme taciturne et perspicace enivré de nouveau par l’alcool et sa rage intérieure, sera le mouton noir du village, le seul qui ne sera pas une victime, psychologiquement du moins. Il va être d’une importance capitale et même s’il se laissera aller quelques fois à l’abandon, cette timide innocence de tous et chacun, son intelligence aura servi à quelque chose. Mais, nonobstant leur personnalité et le fait que l’auteur nous témoigne leurs pensées et leurs troubles, il n’en demeure pas moins que je les ai trouvé vides un peu, parfois sérieusement agaçants, notamment les habitants. Ceux-ci seront davantage ébranlés, les plus dangereux, car l’« évolution » les entraînent aux tréfonds de la noirceur et de l’inconscience, oubliant ce qu’ils sont et la différence entre le bien et le mal, l’esprit toujours noyé par des idées épiques. L’instinct de survie les domine, autant dire qu’ils ont changé radicalement, une forme de possession je dirais. Ainsi donc, ils ne m’ont guère touché, je n’ai eu aucune compassion à leur égard, pas même une lueur d’intérêt sur ce qu’ils vivaient : pour être honnête, seul l’histoire m’accrochait à ce bouquin. Je me suis prise d’amitiés que seulement pour David Brown, ce petit garçon emprisonné ailleurs, ce petit garçon qui ressurgira à la fin du livre en me laissant quelque peu émue.  
Par conséquent, même si je n’ai pas lu d’innombrable livres de Stephen King, je trouve qu’il ne fait pas partie de ses meilleurs ouvrages. J’avais l’impression de retrouver un de ces vieux films de science-fiction, avec un degré d’amélioration bien évidemment, mais sans pour autant donner un récit qui nous fait hérisser la nuque. Pourtant, j’ai tout de même aimé, notamment parce que c’est King qui raconte l’histoire, et que son écriture est constamment saisissante ; elle attire automatiquement notre attention. Toutefois, j’ai eu l’impression que l’auteur n’avait pas mis tout son talent et que, à certains moments, on pouvait deviner ce qui allait suivre. Donc, à mon avis, ce fut un très bon moment de lecture, mais avec quelques éclats de déception ici et là ainsi qu’une faim non rassasiée, celle que nous voulons assouvir lorsque nous ouvrons un livre ou écoutons un film qui fait appel à nos hantises. Désolée monsieur King, ce n’est pas un livre qui s’érigera dans mes coups de cœur, malgré votre merveilleux talent ! Lisez-le, mais ne vous attendez pas à un chef d’œuvre.

Extrait préféré du livre : « On ne pouvait nier que le vaisseau était une source de création… mais il était aussi l’appareil échoué d’une espèce inconnue venue de très loin au-delà des ténèbres – des créatures dont l’esprit pourrait être aussi différent de l’esprit humain que l’esprit humain diffère de celui des araignées. C’était un engin merveilleux et inimaginable qui luisait dans la lumière embrumée de ce dimanche matin… mais c’était aussi une maison hantée où il se pouvait que des démons marchent encore entre les murs et dans les recoins vides. Il lui arrivait de le regarder et de sentier sa gorge se serrer d’étrange façon, comme si des yeux plats l’avaient regardé depuis ce trou dans la terre. » p. 405.

 « La société peut choisir de ne pas mettre en œuvre une idée, dit Bobbi en écartant cet exemple d’un revers de main. En fait, j’en doute, mais pour simplifier le raisonnement, on dira que c’est possible, mais les gens ordinaires ? Non, Gard. Je suis désolée. Quand des gens ordinaires voient quelque chose qui émerge du sol, il faut qu’ils creusent. Il faut qu’ils creusent, parce que ça pourrait être un trésor. » p. 455.

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