mardi 19 octobre 2010

La forêt des ombres de Franck Thilliez

La forêt des ombres




Éditions : Le Passage
Année : 2006
Pages : 400
Catégorie : policiers / thrillers / espionnage
Âge : Dès 16 ans
Résumé : Hiver 2006. Coeur de la Forêt-Noire.
Le froid, la neige, l’isolement... Les conditions idéales pour écrire sur un tueur en série, retrouvé pendu voilà plus d’un quart de siècle.
Le Bourreau 125...
Cent vingt-cinq, pour les cent vingt-cinq grammes de chair qu’il faisait prélever aux épouses sur leurs maris, avant de les torturer.
Aujourd’hui, Arthur Doffre, riche héritier, vieil homme paraplégique, souhaite le ramener à la vie par l’intermédiaire d’un roman. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur de polar occasionnel, a un mois pour écrire, enfermé dans un chalet avec sa famille, Doffre et sa jeune compagne.
Mais il est des portes qu’il vaut mieux laisser fermées… et très vite, la psychose s’installe.
Dès lors, une seule idée pour les hôtes : la fuite.
Mais on ne quitte pas la Forêt-Noire si facilement. Pas avec une voiture mise hors d’état, pas en plein hiver, si loin de tout.
Ne reste alors qu’une seule solution : combattre ses peurs, repousser la folie, grouper ses maigres forces ; et affronter l’impensable...


Après La Chambre des morts, prix Quais du polar 2006, Franck Thilliez nous entraîne dans les méandres de la folie et de la perversion.


Source : lepassage-editions.fr

Mon avis ( novembre 2009 ) : Pour la première fois, je me suis attaquée à l'un des romans de Franck Thilliez. Et quels que soient les avis mitigés que j'ai lu dernièrement, cette histoire sordide à la limite de la folie et de la perversion, tel que l'indique dans le résumé, ne m'a pas le moindrement déçue, hormis quelques aspects déplaisant. L'intrigue s'enchaîne lorsque David Miller, embaumeur de métier, se voit offrir une proposition qu'il ne peut refuser : refaire revivre, par l'écriture, le Bourreau 125 afin de satisfaire un vieil homme handicapé du nom d'Arthur Doffre ( cela m'a rappelée pendant un moment le livre Misery de Stephen King ). La seule condition est qu'il doit, lui et sa famille, résider pendant un mois dans son chalet isolé du monde, en plein coeur de la Forêt-Noire. C'est dans cette atmosphère cabalistique que les horreurs du Bourreau 125 vont resurgir et que l'intrigue va se changer en un véritable thriller psychédélique. Avec une écriture tranchée, voire même tourmentante, l'auteur nous fait découvrir les méandres de la noirceur humaine. Toutefois, malgré ce récit sinistre similaire à divers films d'horreur ( malheureusement ), il ne m'a procurée aucun frisson, aucune angoisse, seulement quelques grimaces de dégoût à l'occasion, ce dont j'aurais préféré le contraire car je m'attendais à sursauter de peur à chaque chapitre. D'autre part, le langage cru de certains personnages tel que Doffre et la perversion de celui-ci m'a beaucoup irritée, un point qui m'a déçue lors de ma lecture, sans pour autant porter atteinte à l'histoire.

En ce qui est des personnages, leur personnalité diffère les uns des autres, mais il reste qu'ils sont tous tourmentés par des démons intérieurs. Par ailleurs, en plus de ne pouvoir s'attacher à eux, ils sont à l'occasion un brin agaçant, surtout lorsque Cathy ne peut s'empêcher d'avoir une crise de nerf. David, hanté par la mort qu'il côtoie régulièrement à cause de son métier, est celui qui m'a été le plus difficile à cerner. Effectivement, son caractère change complètement lorsqu'il se plonge dans l'écriture du roman, devenant presque un psychopathe lui-même. Avec un passé pareil, ce n'est pas étonnant... Dans le cas de Cathy, cette femme rongée par son mensonge, elle devient une vraie hystérique lors du récit. Mais comment ne pas le devenir dans une situation pareille ? Et que dire de Doffre, ce personnage à l'allure faible, cachant ses côtés sombres d'où jaillissent des désirs ignobles ? Impossible de l'aimer, de s'attacher à la moindre de ses facettes ! Manipulateur, drogué par l'horreur, il deviendra vite un ennemi de taille, autant qu'Emma, cette jeune femme sortit tout droit de la forêt et qui aura un impact fatal sur le courant de l'histoire. Et pour finir, il y a Adeline, la maîtresse de Doffre, et Clara, la bambine du couple. La première, qui cache elle aussi un lourd secret, n'est qu'une ombre au début de l'histoire, mais elle se délivrera assez vite des griffes de son maître, voire même à prendre une place importante dans l'intrigue. Quant à Clara, autant la remplacer par un fantôme ! Mignonne, oui, cependant elle est souvent invisible lors du récit et l'auteur ne parle que très peu d'elle, sinon qu'à l'occasion.

Par conséquent, excluant de minuscules invraisemblances durant l'intrigue ( tel que le vase rose dont je n'ai toujours pas trouvé la corrélation avec l'intrigue... ) et quelques points négatifs dont les événements assez prévisibles, j'ai dévoré ce thriller impitoyable, me permettant de découvrir un auteur de talent que je ne suis pas prête d'abandonner. Cependant, dans mon cas, je l'interdirais au moins de seize ans, car il y a certains passages pour le moins vulgaire. Cela n'empêche pas que La forêt des ombres demeure un excellent roman et j'ai bien hâte de savoir s'il est vrai que les autres romans de Franck Thilliez sont meilleurs que celui-ci. Un aspect à découvrir...

Extrait du livre : « Cathy contourna l'arbre, sans oser le regarder. Avec la danse des flammes, le tronc projetait des ombres tout autour. Des mains, sur les murs... On aurait dit que des mains, des dizaines de mains, cherchaient à l'agripper. Tout se mit à tourner. Sol, poutres, parois. Elle s'empara de son peignoir et s'enfuit dans le couloir. Le grincement du plancher. Le long tapis pourpre. Le laboratoire et ses odeurs écoeurantes. David, courbé sur sa machine à écrire. »

Critiques d'ailleurs : Maijo , Fantasio , Charlotte

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